Agent d’art Véronique de Septembre

Le 3 septembre Véronique appelait à la participation sur Poésie de nature , à l’agenda ironique de Septembre.  Dont le sujet comportait la citation

« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

Ce même jour Aphadolie publiait « fausses techniques de survie« … est-ce une coincidence ? Je ne l’ai pas cru, alors, j’ai enquêté.  Pour commencer j’ai mieux lu l’énoncé du challenge  : il fallait en se  mettant dans la peau d’un animal de votre choix « raconter une histoire ».

Dont les péripéties s’exprimeront à l’aide des mots Longue-vue, chafouin, gésir et  chemin, ainsi que d’une deuxième citation de Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles )

«  Tout flivoreux vaguaient les borogoves;

Les verchons fourgus bourniflaient ».

J’ai alors dépéché mon meilleur agent de terrain glissant dont voici la fiche d’identité. A suivre après la photo : son rapport !

Extrait du document ’les amphibiens se raréfient. Vous pouvez participer à leur sauvegarde’ ; édité par l’UR CPIE Pays de la Loire, Observatoire de la biodiversité, soutenu paur la région Pays de la Loire, le Préfet de cette région, agence de l’eau… et Bretagne vivante, des naturaliste et le Parc de Brière

Cher Chashire, poursuivant votre questionnement je me suis informé de la situation actuelle des perdus tentant de survivre par des moyens illusoires. J’ai commencé dans les journaux, où m’est trés vite apparu que l’économie Ligérienne sombrait à la vitesse d’un A320 sans moteur, façon fer à repasser.

« Bon » me suis-je dit, « les patates sont trop cuites, on va faire de la purée. » Voulant dire par là que « qui va pécher à l’épée revient souvent bredouille » , ce qui signifie en termes clairs qu’à force de foncer dans le mur sans cligner des yeux, on finit par s’y écraser quand même. D’où la purée. (note du Chashire, pour être ponctuée ma pélodyte n’en est pas plus douée pour l’expresion écrite – ce n’est pas une crapaude surprenante )

« Bon, on va la retrouver », je me suis dit. « Et où donc une économie en danger pourrait-elle aterrir ? » Dans les énergies nouvelles, une éolienne offshore par exemple, qui se verrait de loin, celle du Carnet sur la Loire, ça tombe bien j’ai de la famille à voir par là-bas. »

A ce moment là je vous dis tout de suite que je l’ai pas retrouvée la gamine, un peu obèse d’argent public cette économie, un peu engoncée dans ses schémas sociaux hérités du colonialisme aussi, d’aprés la photo que tu m’as passée, boss. (note du Chashire : pardonnez la vulgarité de cette vile crapaude au chant grinçant ). Mais faut dire que se réfugier sur une zone inondable à moins de remblayer des dizaines de milliers de camions sur un petit réseau routier et mettre en péril l’approvisionnement en eau d’une zone de plus d’un million d’habitant, et la biodiversité sur tout l’estuaire et son débouché maritime… c’est plus Alice, au pays des merveilles, c’est la reine de coeur.

Mais j’ai vite su que c’était pas là que personne irait la chercher parce que sur le CHEMIN de la zone du carnet était pleine de gens , pour ainsi dire :

Les verchons fourgus bourniflaient 

  Tout flivoreux vaguaient les borogoves;

Comme on dit des militants écolos CHAFOUINS quand ils gonflent les joues pour faire de la trompette qui pète, et les punks à chiens…heu… les punks à chiens quoi. Notez que chez les amphibiens on aime bien les punks à chien, qui en font plus pour nos petits marécages, nos friches que bien des Ken et des Barbie qui dés qu’un Crésus à la Fernand Raynault passe, nous laissent considérablement GESIR. Point de vue de crapaude.

« Bon » que je me suis dit « pas besoin d’une LONGUE-VUE pour ne pas trouver l’économie des Pays de la Loire à cet endroit, tous ces braves gens lui ont encore rendu un fier service en lui évitant de s’égarer sur des terrains instables assortis de l’obligation de draguer la Loire faisant baisser encore un peu plus son cours, fragilisant l’apport en eau douce , le rechargement des nappes phréatiques, asphyxiant le bouchon vaseux… ». Pensant cela avec mon esprit pustuleux je comptais mes sous dans ma poche.

Je me suis exclamée dans ma déception « Bon ! où est-ce qu’elle s’est fourrée c’te bourrie d’àne, nom d’une pipe ! »

Par acquit de conscience j’ai exploré la rive Nord avec ma paire de jumelles…et qu’est-ce que je vois pas ?! Tout un tas d’usines à explosifs, des entrepots à têtes d’indigènes coupées, sont làààà tranquilles. Y a même une usine électrique à charbon qui se reconvertit au feu de bois.

Alors, Boss, j’y suis allé, à Donges. Elle s’était perdue derrière la raf’, dans une zone humide – « les marais près Savenay ». Je l’ai retrouvée car je l’ai entendu dire « quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher » mais personne n’aurait pensé à venir la chercher là…

Sérieusement ? vous auriez une zone qui comporte déjà plusieurs risques d’explosions majeures vous iriez jouer à mettre vos oeufs dans le même panier qui faisait rouli roula ? Et surtout vous seriez un oeuf qui fait rouli roula dans un panier tenue par une telle demeurée, vous vous laisseriez faire ? Non patron je crois pas, pas si vous aviez une sommité mondiale de la finance ancienne ministre de droite, qui vous disait  » je suis une mère et une grand-mère, nous avons une lourde responsabilité pour rendre le monde habitable ». Pour aller chercher l’économie des Pays de la Loire à Donges dans la énième prise sur la Brière faudrait être pervers.

Pfiouu je suis fatiguée et j’entends les boules de pétanque de mon mari qui s’entrechoquent, c’est l’temps j’profite de la vie qui me reste. Ciao Boss.

15 commentaires

  1. Bon jour,
    Diantre ça grenouille vertement dans une région qui semble inscrite au purgatoire l’économie, du social et de l’écologie … un triptyque qui ne coule pas tout le monde apparemment …
    Par ailleurs si ce n’est ici que j’apprends que le nom : Chashire, veut dire boules (au pluriel) et que le pélodyte ponctué a ce « chant, émis par le mâle, est similaire au son produit par l’entrechoquement répété de deux boules de pétanque » … tout ça roule au roulement des kilomètres Ligérien…
    Je ne sais si ce texte est un réquisitoire ou un rapport de grenouille qui en ras la quenouille sur le devenir d’une région dont les territoires s’étiolent comme feuilles à l’automne …
    Bon, sur ce, une participation palpitante et grenouillante :)
    Max-Louis

    Aimé par 3 personnes

    1. chashire est le diminutif de chachashire, á l’usage de mes chargées de mission.

      pour le reste… la consultation de l’article sur le bouchon vaseux te donnera une idée de l’opportunité d’implanter un nouveau chenal dans l’estuaire.
      je pense que ce genre de projet , gpii, a au mieux un impact nul comme le canal de nantes á brest, mais le plus souvent nuit á l’humanité au profit d’un tout petit nombre comme celui de la Martinière.
      l’abandon de l’aéroport sur un terrain instable argile nous a économisé beaucoup d’argent.
      là c’est bati sur du sable, ça fait baisser la Loire et donc remonter l’eau de mer jusqu’au captage de Mauves en étiage trés faible (l’année dernière la catastrophe pointait) et empèche le rechargement des nappes phréatiques ; l’eau potable n’est pas une donnée subsidiaire

      Aimé par 2 personnes

  2. Ça grenouille et ça rame dans les marais; puis entrechocage de boules crapaudes dans le pays ligérien… Merci des infos, ça résonne et merci de ton passage dans l’agenda ironique ( sur poesie-de-nature, et je n’ai pas eu encore de nouvelles de Laurence sur palettes d’expression…)

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  3. Tristan Corbière (1867-1920)
    Recueil : Les Amours jaunes (1873).

    Le crapaud

    Un chant dans une nuit sans air…
    – La lune plaque en métal clair
    Les découpures du vert sombre.

    … Un chant ; comme un écho, tout vif
    Enterré, là, sous le massif…
    – Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…

    – Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
    Près de moi, ton soldat fidèle !
    Vois-le, poète tondu, sans aile,
    Rossignol de la boue… – Horreur ! –

    … Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ?
    Vois-tu pas son œil de lumière…
    Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
    Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.

    Ce soir, 20 Juillet.

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  4. en fait ce poète Tristan Corbière ( 1845 à Ploujean /1875 ) était un poète maudit pas reconnu , ou peu, sauf par Verlaine , jean Moulin et quelques autres
    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Po%C3%A8tes_maudits/Tristan_Corbi%C3%A8re

    dont le groupe Peste Noire

    Sables de vieux os – Le flot râle
    Des glas: crevant bruit sur bruit…
    – Palud pâle, où la lune avale
    De gros vers, pour passer la nuit.
    – Calme de peste, où la fièvre
    Cuit… Le follet damné languit.
    – Herbe puante où le lièvre
    Est un sorcier poltron qui fuit…
    – La Lavandière blanche étale
    Des trépassés le linge sale,
    Au soleil des loups… – Les crapauds,
    Petits chantres mélancoliques
    Empoisonnent de leurs coliques,
    Les champignons, leurs escabeaux.

    Aimé par 1 personne

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