Et Brassens avec HĂ©catombe (1952) đŸ˜

Edit du lendemain  :  bien sur c’est un dĂ©lire, il est probable que Brassens comme l’immense majoritĂ© des  français, colons compris, n’ait eu absolument aucune connaissance de la rĂ©pression sanguinaire qui s’exerçait dans l’empire et en 1952 de façon plus aiguĂ« en Tunisie.  Comme aujourd’hui nous…

Lors d’un petit pĂ©riple dans le « Sud Ouest de la France » le nombre de places carrĂ©es au centre des villes et villages m’avait Ă©tonnĂ© ; du coup j’ai eu la curiositĂ© d’aller voir Ă  quoi correspondait ces places dans la « culture » ou les habitudes locales.
Ce sont des places d’armes Ă©tablies par les diffĂ©rents rĂ©gimes qui se sont succĂ©dĂ© au cours du 19Ăšme siĂšcle.
On y fait le marchĂ© quand les militaires n’y font pas dĂ©monstration de la force de l’Ă©tat français dans son Sud-Ouest.

Pour bien comprendre les implications politiques de cette chanson, qui sont les gendarmes et si on y parle seulement de Brive la Gaillarde, il faut se souvenir qu’en 1952 quand parait cette chanson, Des gendarmes torturent en Tunisie, dans un prĂ©ambule Ă  ce qui deviendrait la guerre d’AlgĂ©rie. PrĂ©cisons « Des » , pas d’amalgame, et ce n’est certainement pas sur les ordres de leur ministre d’Ă©tat, qui rĂ©pondait au doux prĂ©nom de François.

Je lis actuellement « le Sillon ». Un des personnages dit « je n’ai jamais eu autant le sentiment d’ĂȘtre turc. Jamais eu autant honte d’ĂȘtre turc. » Ă  l’Ă©vocation de
https://www.ina.fr/video/3265472001020

Brassens est un grand poĂšte.

https://dailymotion.com/video/x1qwmt6

Juliette

Au marché de Brive-la-Gaillarde,
à propos de bottes d’oignons,
quelques douzaines de gaillardes
Se crĂȘpaient un jour le chignon.
A pied, Ă  cheval, en voiture,
les gendarmes, mal inspirés,
vinrent tenter l’aventure
d’interrompre l’échauffourĂ©e.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
c’est un usage bien Ă©tabli,
dùs qu’il s’agit d’rosser les cognes
tout l’monde se rĂ©concilie.
Ces furies perdant toute mesure,
se ruĂšrent sur les guignols,
et donnùrent, je vous l’assure,

un spectacle assez croquignole.

En voyant ces braves pandores
ĂȘtre Ă  deux doigts de succomber,
Moi, je bichais, car je les adore
sous la forme de macchabées.
De la mansarde oĂč je rĂ©side,
j’excitais les farouches bras
des mégÚres gendarmicides,
en criant: « Hip, hip, hip, hourra! »

FrĂ©nĂ©tique l’une d’elles attache
le vieux maréchal des logis,
et lui fait crier: « Mort aux vaches!
Mort aux lois! Vive l’anarchie! »
Une autre fourre avec rudesse
le crñne d’un de ces lourdauds
entre


Voir l’article original 109 mots de plus

9 commentaires

  1. J’approfondirai ton texte et le joueur de flĂ»tiau demain …
    oui Brassens Ă©tait un grand poĂšte et un humble grand poĂšte …

    il avait Ă©tĂ© sollicitĂ© pour un fauteuil Ă  l’AcadĂ©mie Française, invitation qu’il a dĂ©clinĂ©e.
    Cette chanson est la version poétique de ce refus.

    J'aime

    1. Certes (puis mezzo voce)… oui mais la police aux colonies c’Ă©tait pire. Bien pire.
      Pire mĂȘme que la rĂ©pression des mouvements sociaux qui ont jalonnĂ©s la reconstruction. Philosophiquement il ne m’est pas possible d’ĂȘtre communiste, mais je dois avouer que le camp n’Ă©tait pas difficile Ă  choisir en ce temps lĂ , entre l’ogre lointain Staline et les sangsues voisines.

      Aimé par 1 personne

Ecrivez-nous ici

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Google. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l'aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s