Agenda Ironique de Septembre

Rappel des règles que j’ai moi-même fixées ( quel c…)  :

les révélations qui surviennent au moment même où les conséquences de ce qui est révélé sont inévitables  !!!

Il y a des mots imposés : guéridon, tabou . 2 c’est peu ?  Et si vous leur forgiez des antonymes sous forme de  mot valise, ou portmanteau en anglais. Un de ces néologismes devra rimer avec « triomphe », si possible.

Enfin le texte devra être truculent, c’est à dire joyeux et sensuel.

Je souligne immédiatement  que le conditionnel est attaché aux antonymes et « si possible » à l’orpherime de « triomphe ».  Le but c’était d’avoir des textes de qualité pas de pousser les participants au suicide – ne serait-il que virtuel.  Merci à celles et ceux qui ont déjà posté, que j’ai pas forcément lu encore, j’en demande le pardon force maximale, j’ai eu moult occupations et fors difficulté, pas vous ?

C’est mon tour de me confronter à « ça » (quel c…).  A la suite. Je commence bientôt, là, au secours.

Omf’ voyait sa vie défiler dans sa tête, son coffre-fort grand ouvert relâchait des coupures entre les longues algues qui montait au ciel…au moins jusqu’à la surface miroitante d’où venait le coffre attelé à ses pieds.

Sa vie avait commencé à 12 ans et demi. Avant il s’appelait d’un nom négligeable, était un garçon calme et réservé, mais malheureux, blessé sous l’enrobage chocolat.

Omf’ ce nom étrange venait de sa vocation, née après qu’il ait lu « les faux-monnayeurs » d’André Gide en classe de 5ème, la même semaine qu’il voyait « le cave se rebiffe » par la porte entrebâillée du salon.  Dés lors il serait « yeurnaimonfaux », puis Naimonf’, puis Omf’ , donc- car les bandits parlaient verlan à cette époque, surtout dans les cours de récréation de collège.  Dés lors il serait un dur impassible aux idées géniales, mais surtout très méchant sous ses airs tous mignons.

Il devint banquier.  Pas tout de suite, mais juste après avoir fait des études de commerce.  En classe il avait observé la connivence des meilleurs élèves avec les professeurs, ça lui avait laissé la sensation de « tenir la chandelle », d’être le guéridon sur lequel était posé le chandelier des lumières.  Se connaissant il avait très vite su que ce rôle ne le satisferait pas longtemps.  Alors il avait ajouté « Agit » à son surnom, et plutôt que racketter les têtes d’œufs, il leur avait demandé des résultats.  Il était devenu le contraire d’un guéridon, qui tient la chandelle, il tournait autour dans l’ombre. ( alors ?! c’était pas possible ? )

Par la suite Agitomf fit voyager sa figure d’angelot de Pâques, il était resté potelé, et noir, ce qui ne faisait que renforcer la régularité de ses traits, son caractère jovial et sa voix doucereuse dans des milieux aussi variés que le trafic de voiture d’occasion, le commerce d’armes et de drogue, ou l’échange culturel d’êtres humains.  Tout naturellement ses meilleurs coups il les trouvait dans son bureau de la caisse d’épargne.  Quand il en eut assez des valetailles variées, et avariées,  il devint aussi avocat d’affaires internationales, spécialiste des fusions et acquisitions. Rien ne l’ennuyait, il n’avait pas de tabou, presque pas de tabou, deux qualités essentielles pour ce travail.

Un jour cependant il prit conscience.  Il s’en aperçut d’un seul coup, certes.  Une observatrice attentive avait quand même semé ses graines avant d’en récolter les fruits, malheureusement pour elle ils étaient amers.

( là, je suis totalement sec  –  tout peut arriver,  àmes sensibles vous pouvez encore rebrousser chemin pendant que je vais faire pipi )

(tant pis pour vous, car si je suis ma propre consigne – quel c… – je dois arrêter un peu de truculer pour sensualiser – ce dont lecteurice imaginaire, qui commence à me connaitre,  se doutait par l’apparition d’un personnage féminin… même pas ?! quell… bref nous v’la ben, un peu comme Agitomf’ …)

Pour mieux comprendre ce qui va se passer dans la suite, il nous faut revenir un peu en arrière.  Agitomf’ n’avait pas eu que 12 ans et demi dans sa vie, il a eu aussi 14 ans et trois-quart.  Et sa voisine aussi était à peu prés du même âge, ça crée des liens, surtout dans les cours de récréation du collège, quand on est gros, ou potelé.

Anne aimait la biologie. Elle aimait tout de manière générale et en particulier manger.  La fondance du chocolat sur sa langue l’émouvait.  La craquance des palmiers du patissier la faisait frissonner. Penser à Omf’ ses douceurs rondes, ses odeurs acido-sucrées, ses mouvements limités et puissants…s’y frotter, avec ses propres rondes douceurs, dans des mouvements humides et discrets…Anne aimait son corps comme elle aimait la biologie, sa conscience ne l’arrêtait pas, elle décuplait ses plaisirs.

Un soir elle invita Omf’ au salon de thé où intuitivement, peut-être aidée par des indices corporels, elle savait qu’elle pourrait briller dans un domaine où Omf’  était vulnérable.  Ce salon de thé servait un mille-feuille délicieux, dont elle imposa la dégustation lente et précautionneuse à son Omf’, celui qu’elle désirait un jour découvrir, qui ne se révélerait qu’à la petite maline qu’elle était.  Cette pâtisserie réalisée avec un grand soin et une véritable science de la résistance des matériaux, cédait à la pression de la cuillère, lentement dans un doux froissement de crème, audible, sensible.  Le miracle se reproduisait dans la bouche quand sous la langue la crème vanillée révélait le caramel puis la pâte d’abord croustillante finissait par se fondre dans la bouchée parfumée…on ne savait même pas à quoi ( a priori un peu de fleur d’oranger et vanille – mais la police scientifique n’était pas encore inventée ).

Puis on respirait, soupirait, relevait des yeux humides vers une convive dont les yeux riaient.  Omf’ eût quatorzantroiquaaaart, youpimaikeskimarrivecékicellelà.  A peu prés.  D’après les calculs d’Anne, Omf’ devait mijoter encore un peu dans le miel avant d’être dégusté.

Hélas il devint Agitomf entretemps et si Anne demeura la maîtresse des parties sensibles de cet être là, elle ne fut plus qu’un fétu dans l’oeil d’un typhon.  Ils se marièrent, et eurent une vie de couple relativement complexe. Anne eût l’élégance de ne pas lutter contre ce qu’elle ne pouvait vaincre.  Elle fit des études et des enfants, un métier de chercheuse et des animaux domestiques dans sa maison domestique, avec des domestiques – qu’elle traitât bien.  Elle attendait son heure, pour faire sortir d’Agitomf’ son homme , qu’elle entrapercevait lors des escales de celui-ci sur l’îlot de douceur qu’elle préservait des tourmentes du capitalisme universel où il traçait son destin de grand prédateur.

( zut, j’ai encore envie de faire pipi )

Anne étudiait les crustacés cirripèdes pédonculés, anatifes. Elle avait des longs cheveux bruns, ses collègues l’appelait Anne-à-tifs et ça les faisaient rigoler. Elle ça l’énervait, alors en son for intérieur, elle s’était donnée le surnom d’Annatiomfe, celle qui arrimée à Omf’ se nourrissait en filtrant l’eau de son sillage. Cette humeur, pour le moins négative, cette blessure d’égo datant du collège, de ses 14ans 3 demis, elle était un peu plus agée que Omf’ , s’accumulait lentement dans les soubassements de son àme, ce qui finirait par la mener dans des affres bien plus insupportables, mais n’allons pas trop vite.

( déjà 1114 mots, c’est trop long… )

Un jour Agitomf’ perdit.  Il crut que le soja d’Amazonie croîtrait toujours.  Sa femme lui avait parlé des dégats de la déforestation sur l’eco-système mondial, mais c’était un jour où il n’avait pas d’oreille car il avait faim.  Elle insista, sans lui donner à manger car pensait-elle, le rapport de force était en sa faveur à ce moment là.  Il ne l’était pas.  Alors Agitomf’ avait affirmé son indépendance in petto en investissant le double sur ce qu’elle désapprouvait.  Quand les activistes avaient bloqué les ports pour son soja, transgénique, en jetant des réfugiés soudanais à la tête des dockers des ports du monde entier, il avait mangé sa chemise, et son slip peu ragoutant avec.

Lorsqu’Agitomf’ et Annatiomf’ se retrouvèrent à la fin de cette semaine funeste, ils firent face à leurs enfants. Les analyses venaient de tomber  :  tous intoxiqués aux chimiques, aux métaux lourds, aux nanoparticules et aux zombies transgéniques, le gouvernement mondial venait de les assigner à résidence au beau milieu de la mer des Sargasses.  Il ne leur restait plus qu’à couler.  Sans même un mille-feuilles pour se consoler.

Alors ils se déchirèrent, alors elle dit des choses, il en entendit d’autres, il l’empoisonna en lui donnant à manger une môle au mercure.  Avant qu’elle ne rende son dernier souffle elle soufla « Tartuannomf’ sera ton dernier nom, tu n’as aucune limite, aucun tabou, tu es le contraire d’un tabou ». Il pleura brisant son dernier interdit, le plus tabou, il sanglotait : « Tartuannomf, Tartuannomf », ce qui prouve qu’il avait une diction parfaite.

Imaginez ce que firent leurs faux-jumeaux de 15 ans, après avoir balancé le coffre ouvert par dessus bord avec leur génietueur de géniteur attaché par les pieds … ?

Vous avez 2 heures pour les sauver, les bombardiers de l’ONU sont déjà partis.

19 commentaires

  1. Sauveur Tabou long arriva et présenta le dernier tabou ré résiduel antidote sur le plateau tabou sol, et les tabous clés ouvrirent grand leur gueule de tabou gond, ainsi les tabous fardent encore la clé à tabou camp.
    Simplement simple et génial à la fois.
    J’espère avoir été suffisamment claire pour que tout le monde, y compris moi, y comprenne quelque chose. D’un vague espoir, sans doute…

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      1. Bah, en fait, ça a attaché !
        Mais pour autant (en emporte le rire), j’ai pris beaucoup de plaisir à me promener dans ta science de l’ajustement des mots pour une jouissance cérébrale et maxillaire maximale.
        Merci à toi. ^^

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  2. Tu t’es gouré mon vieux, c’est pas un texte que tu nous as pondu là, c’est une suite d’impro que tu nous joues ! (je suis peut être trop branchée théâtre d’impro en ce moment ? Nooon …)
    En tout cas, les sens en tous les sens avec le…mille-feuille et la joie au rendez-vous 🙂

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  3. Bon jour,
    Foisonnant … et j’ai perdu pied comme un coup de pelle entre les oreilles j’ai coulé avec le coffre et le père des jumeaux qui me faisait signe avec ses dernières bulles d’oxygène je comprenais que son testament était une formule à la Poisson et je notais avec l’encre d’un certain céphalopode benthique légèrement courroucé par ma prise de lignes devant un prochain moribond cadavre charogne de la mer des Sargasses quand j’aperçusse les faux-jumeaux fumeux qui ramaient comme des galériens pour échapper à des mouettes tueuses … hélas trop tard pour les mouettes un nuage toxique pour bipèdes à ailes les démagnétisèrent et piquèrent comme kamikaze de la bonne époque sur les deux soi-disant faux-jumeaux qui n’avaient pas coulé le bon père et de leur peur respective s’éclatèrent les yeux … ainsi comme le veut la légende les deux jumeaux errèrent aux cris que l’on pris pour des chants de Canaries ….

    Max-Louis

    Aimé par 3 personnes

  4. Bon, j’ai complètement foiré les 2heures pour trouver la suite, mais en même temps, il m’a fallu du temps pour relire le texte qui regorge de jeux de mots, de péripéties et de trouvailles linguistiques ! Comme quoi, on pouvait s’entortiller les neurones linguistiques autour de ta consigne (qu’on a tous interprêtée d’une manière bien distincte) ! Hâte de découvrir le mois d’octobre ! Belle journée, Sabrina.

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          1. Ahah, bon, au moins, j’ai découvert un nouveau blog, c’est déjà ça ! Le reste, je demanderais conseil, si la roue infernale tombait sur moi (mais quand même, j’ai jamais gagné au loto, ce serait un comble et pis, je suis toute nouvelle dans l’agenda :) ) Belle journée à toi!!!

            Aimé par 1 personne

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