Jean Dormait, tranquille, un 20 Juillet !

Hey !

Demain c’est le 21, et juste un peu plus tard le 23 et je n’ai toujours pas fait honneur à l’agenda ironique de mathurinades et coquecigrues. J’ai de considérables excuses, certes, notamment parce que je prépare mon départ sur la lune, les lunes même pour être exact.

D’ailleurs à ce propos , et sans doute rêvai-je un peu sans me l’avouer à moi-même que d’avoir espéré le contraire, Jean dors.  Il dors tranquille au dessus de son banc, comme on voit sur la photo, là, au dessus.

Or Jean, Jean de la Lune, devait m’emmener, me guider.  Parce que sauf erreur de ma part, il n’y a pas encore de google maps sur la lune.   Chang’e peut bien se perdre.  Bref sans Jean, pas de décrochage de la lune, pas pour moi en tout cas.

Or cet idiot dort ou meurt,  il rêve peut-être, ou pas.  Je crois qu’il a laissé pousser la chienlit sous son banc trop longtemps, des tiges lui sont passées dans la colonne vertébrale, si on les coupe, il s’effondrera.  Alors voila…

Décrocher la lune c’est réaliser l’impossible, nier la mort, le passage du temps…ne me remerciez pas de vous épargner la dissécation mytheuse.

Moi je voulais en décrocher plusieurs.

Ou au moins les dépoussiérer en place. Certainement plus ça d’ailleurs, je ne me le cache qu’à moitié, mon tempérament n’est pas tragique.

Mais qu’importe ?

Jean !  C’était Jean, le voyage avec Jean,  au fond qui comptait, je crois.  Le lac de ses yeux bleus, son accent rugueux, ses voisines irascibles et presque comestibles, ses amis cinglés aux guitares désaccordées, les menteuses comme des vol au vent qui bouchent l’arène marseillaise.  Et se perdre avec lui. Bien sur.  Sur des lunes, faire semblant.

Demain, Jean dormira encore au dessus de son banc.  Et dans ses rêves j’explorerai la lune, les lunes, les décrocherai, les dépoussiérerai, et les raccrocherai.  Peut-être pas à la même place, pas dans le même ordre les reposerai-je. Il est facétieux Jean.

Mais ce qui n’arrivera pas, c’est qu’il m’y emmène vraiment, car il est un secret qu’un jour on m’a raconté, au confins du bled et de la forêt de Brocéliande, dans un pays aujourd’hui disparu.  C’était un fou à moitié sage… et aussi à moitié saoul. Un de ces désolés joyeux dont on caresse avec nostalgie les cicatrices qu’ils nous ont laissées, lorsque leurs serres nous ont emportés au dessus des nuages.

 

« Tu vois p’tit gars,

La lune va tomber.

Elle va tomber sur la terre, pour être exact.

Voila la 1ère vérité que j’ai découverte, sur la lune.

La lune tombe,

Elle tombe toujours.

Elle tombe sans fin , sur la terre.

Mais heureusement !

En plus de tomber

La lune rate.

La lune rate, rate, rate, rate,

Tombe à coté, rate, rate, rate…

Et tu sais, c’est ontologique chez la lune,

Elle est littéralement faite de tout ce qui rate en tombant sur la terre.

Enfin à une époque donnée, maintenant ce serait pas pareil.

Heureusement !

C’est d’ailleurs le cas de toutes les lunes.

Alors écoute-moi-bien-s’il-te-plait-mon-ptit-gars :

N’oublie jamais ceci,

Les lunes ne sont belles qu’à la condition expresse et

Sine qua non, Urbi et

Orbi, c’est le cas de le dire,

Que 1, elle se casse la gueule sous le soleil, et

Que 2 elle soit le produit raté d’une rencontre

Catastrophique, par ailleurs.

Alors maintenant, je vais te dire la chose la plus importante,

De toute ta vie, peut–être je sens le lunatique en toi,

Tais-toi, je sais, ecoute-mon-pti-gars-écoute ce que je te dis

Parce que les sélénépathes, et autres artémisiaques peuvent raconter

Tout ce qu’ils veulent, là haut ce qu’on rencontre c’est toujours, toujours,

Toujours, toujours,

Tou-jours,

Les hécatombres, qu’on voit pas d’en bas, forcément.

Voilà la lune, mon p’tit gars, laisse la aux philosophes, et

Aux jardiniers qui à la rigueur, parfois, sont pas trop cognes.

Mais la lune, holalala, laisse là ! nan, nananan,

Laisse-là, parce que,

En général ses adorateurs se foutent le doigt dans l’oeil, et ,

Ratent, c’est ontologique aussi chez eux,

Fais-moi confiance, ils ratent, toujours.

Du coup si t’es à coté, c’est dans le tien de n’oeil

Que ça atterrit, Aïe, Ouille,  merci.

Car comme tu le sais, je crois,

Le problème c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

Tiens sers-moi, donc un verre, j’ai soif.

Tu m’as donné très soif. »

Voila, comme la lune j’ai tombé à coté de mon atterrissage, 2 t 2 r 2 s, je vais continuer à tourner de l’autre coté de la terre, tant que les lunes sont pas tombés dessus, avec toutes leurs poussières.

Pour se protéger les yeux mettez des lunettes, de soleil ou pas, mais pas celle des toilettes !

 

21 commentaires

  1. belle réussite que ce ratage éternel
    mais si ce ratage ne pouvait être autre chose qu’un ratage, c’est qu’il n’est pas raté, donc…. il manque son effet
    Autrement dit, il rate, même quand il réussit son ratage…
    gnnni, ça fiche mal au crane cette lune :)

    Aimé par 1 personne


  2. Quel bel anniversaire tu lui fais, Super !
    Super comme… Super lune.
    Et ne me retenant pas, j’ajoute, bleu, roux, noir, blanc, cendré, de sang,
    comme
    lune bleue, lune rousse, lune noire, lune blanche, lune cendrée, lune de sang.

    Et une petite gibbeuse avant la route ?

    Aimé par 1 personne

  3. Tu as oublié de noter dans ton agenda que le 22 précédant le 23 et suivant le 21, c’est la sainte Marie-Madeleine, jour de naissance d’un petit gars de 4kilogrammes qui actuellement est en train de laisser un message dans les commentaires :)
    A pluche.

    Aimé par 1 personne

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