Tout n’est pas dit – A.I. de juin

2ème tentative d’expression libre pour l’agenda ironique de Juin 19 dont les codes furent fixés ici par vérojardine de poesie de nature.

Comme elle rameute les troupes, je fais une deuxième tentative, d’essai.  C’est un peu long et un peu expérimental, mais pas révolutionnaire. Il y en a qui aime comme ça, qui se glissent dans la musique … quand y en a !

Le thème c’était de prendre la suite de ce paragraphe :

« Approchez, approchez mesdames et messieurs car aujourd’hui grande vente aux enchères! Dans quelques instants de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots! Un mot pour tous, tous pour un mot! Des gros mots, pour les grossistes, Des mots de tête, pour les charlatans, Des jeux de mots pour les artistes, Des mots d’amour pour les amants. »

A ce mot il a détourné la tête.  Les amants s’adresseraient des mots d’amour, forcément ?  Ne seraient-ils pas censés plutôt s’adresser des mots de sexe et d’émotion, de sensations à tout le moins !?  Et puis les mots pour les amants, m… zut, ça sert à rien, quoi, c’est pas ça « être amants », et l’amour, l’amour… l’amour quoi, bordel ?! On aime.

A ce mot elle a souri, elle s’est demandé amusée, « un sourire en coin un secret » comme dit la chanson ce qu’ils allaient pouvoir inventer comme mots d’amour pour les amants, si elle s’y reconnaitrait, si elle le reconnaitrait, si ça ferait encore mal.  Elle en doutait quand même, qu’ils trouvent, et que ça lui fasse trouver quelque chose qui reste de tout ça, tout ce bordel.

Maintenant qu’ils , et elles, sont là il s’agite et sans écouter leurs mots il en est comme l’eau d’un seau où des garnements lancent des cailloux, plein de clapots et d’éclaboussures…

Charlatans qui prennent la tête, tout à fait la chose à comprendre au pied de la lettre, au fond c’est ça l’amour des mots.  Non mais c’est vrai, on peut aimer sans le dire et aussi ne pas aimer en pensant aimer et en le disant, mais en ne le faisant pas… ou si on le fait alors… si on produit des actes d’amour mais sans amour, alors on aime, parce que c’est ça , l’amour sans doute , ce qui nous fait aimer, faire du bien, et tant plus, tant moins, au pire on en fait moins mais parce qu’on n’en peut plus, ou pas plus parce qu’on en a tant fait, qu’on a fini par le sentir que c’était trop , trop à la fois et basta on a arrêté pour voir si ça pousse ce qu’on a planté, parce que des fois aussi, c’est ça l’amour , juste regarder en attendant de voir si ça pousse, sans des fois, sans des fois même avoir semé.   Des fois aimer c’est ne rien faire en regardant partir le bateau, parce que ça sert à rien un bateau qui barbote dans un port ou alors, le long d’un fleuve tant noir, qu’on y lâche plein de tristesse, comme un gamin, ou au fond de l’ivresse.

Comme c’est doux elle balance, se balance, leurs mots font office de violons et de flutes, tandis que leurs gestes battent le sol d’un rythme qui la berce.  Dans ce demi-rêve, elle sent, elle sent cette vague qu’elle connait , dont elle se souvient qui l’a emportée plus d’une fois, ou presque, car il y a vague et vague, lui c’était « sa » vague, son envol, ses ailes et l’air qu’elles battaient pour s’élever, et là elle pourrait à nouveau étendre son plumage, peut-être même encore plus fort, dans une plus grande envergure, car elle saurait maintenant, elle ne ferait pas cette erreur, ces erreurs ? Mais non il n’en fut qu’une, une seule qui se reflétaient infiniment dans toutes les minutes perdues, dans l’ombre, son ombre à lui.  Car c’est ça l’erreur, c’est de confondre l’ombre et la lumière, car la lumière est à elle, aimer c’est être soi, soi-même, soi-même lumineuse, pas dépendre de l’autre pour briller, ha mais non, pas lui , soi. Sentir, ressentir, se ressentir, se retrouver, soi.

–  Ha tu es là ?! je ne t’avais pas vu. Encore à roder par ici, alors ?

– J’étais sorti acheter des clopes, c’était fermé dans mon quartier.  Ici ça ferme plus tard…

– T’as pas besoin de te justifier, je suis pas ta mère… t’as vu ? t’as aimé ?

– hon hon , ouais , pas un grand connaisseur… tu sais bien.

– certes, t’as jamais fait dans la porcelaine de chine, mais tu aurais pu changer, chaipas moi, les ours blancs descendent la banquise, le réchauffement climatique, tout ça…?

– ben non , tu vois. J’ai pas grand monde pour m’éclairer , ça aide pas.

– … toujours pas ?!  ça fait 2 ans et demi…

– 31 mois la semaine prochaine, exactement.

– tu fais indicateur de marée aussi ?  Parce que j’ai perdu mon calendrier des pompiers, je cherche un remplaçant !

– très drôle !  bon je t’embête pas plus longtemps, ça m’a fait …plaisir de te revoir, tu as l’air en pleine forme.

– ouais excuse, c’était pas méchant , et puis je frime tu sais, mais c’est pas vraiment la joie non plus.  Mais moi je me bats  !  T’es pas la victime et moi la salope, hein , pas la peine d’en rajouter, encore, après tout ce temps !

– whohoho, « et toi non plous tou n’as pas changé… »

– Au moins je te fais rire, c’est déjà ça, allez fous le camp, t’as raison, ce s’ra toujours pareil, alors si c’est ça, autant …autant …

– …

– et puis zut, t’as pas 5 minutes, on va prendre un pot, j’ai pas envie d’être seule là et y a personne, alors, bon, en souvenir du passé… on a eu des bons moments, quand même , pas vrai ?

– un café alors, juste un, j’essaye de … enfin tu vois, d’éviter les bars et… bon, j’ai arrêté de boire…

– … Ha, OK , je savais pas, c’est bien, ouais, chouette…

-…

– on y va alors  ?

L’observateur, ou l’observatrice, avertie aurait pu voir les deux protagonistes passer d’un pied sur l’autre, tandis que leurs regards se croisaient  et se décroisaient en une ronde, ou un jeu de chat perché, tandis qu’ils se parlaient et que leurs mots ne racontaient pas la même histoire.

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