3ème étagendomne

Agenda Ironique d’Automne 2018 – Troisième étape de chez jobougon, l’impermanence n’est pas un rêve. En résumé pour ceux qui suivent depuis le début : Vous allez écrire le dialogue d’une rencontre autour d’un café, en utilisant au moins deux petits bouts de dialogues de chacun des participants à la deuxième étape.

C’était la 1ere fois que j’allais faire mes devoirs chez Rosalie.  Elle me l’avait proposé la semaine précédente car j’avais eu la meilleure note de la classe à un controle où elle avait échoué, et sa mère, qui connaissait la mienne, lui avait donné cette idée.  Elle m’avait déballé ça comme ça, sans se demander si je trouverais bien d’être son lièvre dans la course aux bonnes notes.

« Y a pas plus con qu’un lévrier, ça, tous les bons setters le savent. »  Voila ce qu’avait répondu ma propre maman quand je lui avais confié mes états d’âme quant à l’invitation.  Tandis qu’elle m’écoutait elle finissait son ménage et sa queue de cheval rousse battait à droite et à gauche, balançant encore quand elle s’arrêtait, une fois ou deux, le temps que je la remarque.

Souvent elle comparait les gens à des races de chien. Elle disait qu’elle était un setter irlandais, tout fou, beau et un peu sauvage.  Elle disait, rêveuse, « fauve, comme les dernières feuilles d’automne… », puis partait en riant d’elle-même, vaquer à quelques corvées.

En tout cas ce jour là elle m’avait regardée dans les yeux un moment, sa main sur ma joue me commandait de me laisser faire, avant de déclarer  :  « tu iras, tu le mérites, pour le meilleur ou pour le pire.  Tu me raconteras. », elle sourit en coin me tapota l’épaule et repartit dans son agitation ménagère.

Ainsi nous étions dans la bibliothèque assises au coin d’une table de travail presqu’aussi grande que celle de la bibliothèque municipale où il m’arrivait de bucher.  Le gouter servi par une femme sans àge et sans tablier appelée Firmine, tronait au centre sur un plateau d’argent. Rosalie trempotait un scone dans un second chocolat chaud, plus ou moins avachie et boudeuse, ou « cool » selon le versant de notre âge considéré. Moi-même je louchais sur mes affaires, celles du collège qui motivaient l’invitation, bien droite sur ma chaise. Je l’attendais.

Sa mère entra suivie par Firmine qui disait  :

« – La couettivité de ces articles n’est plus à démontrer. »

« – Ma chérie, il est temps que tu apprennes la recette des Jumeleines. » rétorqua la première provoquant chez celle que je pensais être une domestique un affaissement des épaules et un murmure .

– Je connais un site où l’on trouve de magnifiques chociles, le problème c’est de ne pas se brûler quand on les ramasse !

– et bien prends des gants ma chérie, prends des gants  !  Sans jumeleines aux chociles faites maison personne ne s’intéressera à toi.

Les deux femmes étaient arrivées à la table. J’étais héberluée par leur langage.  Comme si elle avait lu sur ma bouille , ma voisine ajouta : « cette bouillie littéraire se termine souvent très tôt au petit matin du mois prochain dans une super couettivité ».Mes yeux s’écarquillèrent encore plus ce qui la fit s’esclaffer à en tomber de sa chaise.  Elle se retint d’une main et comme sa mère la scrutait avec un froncement de sourcil inquisiteur lui demanda :

– Maman, tu connais la dernière de carambar ?

– Encore une histoire qui se veut drolatour ? Oui ! Je crois bien que j’en ai fait le tour plus d’une fois.

Rosalie se tourna alors  vers moi l’air très ennuyée :

– Ah, quel casse-tête ce problème de math ! Y a que les profs pour penser que c’est amupliqué !

Ce qui acheva de détourner la conversation de sa propre insolence, pour diriger l’attention de sa mère sur l’amélioration de ses performances scolaires,

« – ton frère, Barnabé » avec un regard à mon intention, « viendra tout à l’heure pour les mathématiques », Tournée à nouveau vers moi « vous resterez pour en profiter si vous le souhaitez, bien sur » , énonça-t-elle.  « Mais pour l’heure, consacrez-vous aux langues étranges, dans lesquelles vous excellez, je crois ? ».

– « Elle a réussi au dernier devoir, mais d’habitude c’est Enchanquise… » tenta de répondre Coralie, mais Barnabé était apparu Firmine posa la main sur le bras de son amie  :

– Tu entends ce grondement sourd ?

– C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.

– « Et non, c’est moi, » c’était Barnabé.

Il entra, ce jeune homme au regard si doux, au sourire enjoué, à la taille fine et altière, ce porteur de costume néglabillé. C’était Barnabé qui poussait un tablanoir à roulette.  Sa mère après avoir jeté un coup d’oeil contrarié à son magnifique fils, se retourna vers nous avec une acrimonie qui ne lui seyait pas tellement  :

– Enchanquise est la première de la classe ?

– Moi Madame, je peux vous interpréter tout le répertoire de la Callas ! »

Je n’étais sortie de mon mutisme que pour délivrer une sornette aussi énorme  !? de surccroit avec une voix s’apparentant à l’aboiement d’un cocker pour un sucre !?

– « Chante Rossignol chante… » chantonna Barnabé en accostant à notre table avec son navire à craie blanche et rose.

Ce petit ver existancié tira les artificelles de mes neurones :

-« Je veux dire que les langues étranges donnent des résultats étranges.  On ne peut rien prévoir, voila.

– Vous n’imaginez pas combien l’abomifreux est un langage difficile à apprendre, glissa Rosalie à l’oreille de Barnabé. C’est aussi compliqué que d’apprendre une désencyclopédie par cœur !

– Quelle abominaffreusité ! Lui répondit Barnabé pour tenter de la réconforter.» puis me voyant esseulée et désespérée de pas le voir me porter plus d’attention Il reconnut à propos par un geste agengouin que je n’avais pas d’inquiétude à cultiver à son sujet. »

Firmine soupira.

– » Pourquoi tant d’insolitude dans le monde ? »

– Parce que la mansuétude ne fait pas partie des caractéristiques intrinsèques d’Homo-sapiens et je ne te parle même pas de sa carence en vitamine D qui provoque des dommages irréversibles – surtout en altitude mais-pas-que.

– « Pour ne pas perdre l’entrainement Je me suis inscrite à un club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque. »

– »J’ai toujours pensé qu’un éléphant fantasque était un pachyderme gaucher contrarié. »

– « oui, mais chez nous on les utilise aussi pour l’éléphantastique ! »

– « Mais on ne vous apprend pas à faire des jumeleines correctement, na ! »

– « Et c’est pour ça que je viens te voir, na. La texture de la crème doit être brumageuse, c’est bien ça ? Mais, après ? on consomme ça lors d’un rendez-vous en tenue de soirée dans une salle de bain, ou changer de tenue de bain dans une soirée, ou prendre des bulles par la main ? »

– « Absolument, les rendez-vous qui ont les deux qualités accèdent automatiquement à la catégorie mirififique, à moins qu’ils ne soient déjà délibule, auquel cas on les surclasse en créaginaire  ;  on ne fait pas mieux qu’un rendez-vous créaginaire, même si j’aime mieux un simple délibule. » La mère de Rosalie et Barnabé professait l’art des rendez-vous, mais Firmine ne paraissait pas à l’aise…

– « Heu, peut-être. Bref, toute une faune artificelle, une polimalie créaginaire née de notre pingouination viendra piétiner notre délibule. »

– « Oui ça aussi », dit la maitresse de maison.  Soudain retentit  un sifflement puissant suivis par des exclamations confuses, Nous approchames toutes et Barnabé nous allames à la grande baie vitrée au dela de laquelle s’étendait un parc magnifique.  Sur la terrasse un domestique tentait d’attraper un animal à la fourrure maculée hérissée de pointes auxquelles pendouillait encore des rubans décolorés :

« ça tombe à pic ! » enchaina madame mère, « Observez bien cet étrange phénomène, les enfants : à force de ronronner sans jamais s’arrêter pour manger, ce pauvre chat s’est transformé en une puante charonne ! Ils apparaissent alors que la tension amoureuse augmente, je me demande bien ce qui l’a attiré ici… Allez jérôme vous allez y arriver » encouragea-t-elle le domestique.

-« oui allez jerome », s’écria Coralie aussitot imitée par Barnabé et enfin moi,

Haut et fort, nous renchérissions plus mergnifiquement. Des Hue et des dia, avec forses moults montjoie, taiauts… Si bien qu’à la fin quand le fameux jérôme vainquit la bète et la plongea dans un baquet d’eau tiède et parfumée, pour  la ressortir toute calmaude comme elle se lovait en spirale dans sa serviette, nous nous congratulâmes les unes les autres, et j’embrassais Barnabé, sur la bouche, et, longuement.

– « De mon temps Heureusement, d’autres y mettaient plein de délicaristique. »  remarqua sa mère avant de conclure en entrainant Firmine vers la sortie, « Bien, les enfants nous vous laissons travailler. A tout à l’heure. »

Et nos négociations se canalisèrent sur les droits et obligations de nos intérêts en évitant la tartuffolique de nos conseillers.  Coralie négocia habilement de s’esquiver discrètement auprès de son frère, Barnabé, tandis qu’il m’enlaçait, moi.

– « Qu’est-ce que tu vas m’offrir de beau pour Fatalimace ?

– Pour Fatalimace tu auras des poux et pour tes étrennes, des sous !

– Quoi !? C’est tout ?! Attends tu vas voir, j’appelle les écriames ! » elle ouvrit  la baie vitrée et cria « Barnabé a une amoureuse dans la bibliothèque, avec un tableau noir ! »

Tout d’un coup en même temps Nous fûmes seuls et nous fûmes composés en arrière plan d’une cour disparate entre domestiques et courtisans quand des ecriames se firent entendre non loin et près de nous. Coralie avait rameuté toute la maison à notre spectacle, et aussi du fond du parce arrivèrent ces vermines d’écriames, qui prennent des photos, et poussent des cris en les montrant par toute la ville contre quelques sous.

Barnabé m’entraina dans une course folle dans le chateau immense de sa famille. La nuit leva son voile sur notre deux silhouettes en ce lieu nommé Gymnasticot. Quelques heures plus tard il me ramenait à la maison.

Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire.

22 commentaires

      1. Pour avoir une mise en forme optimale, casser la mise en deux, séparer la forme en arrivant à l’r.
        Ce qui donne formi seme.
        ça peut donner forse mime.
        Morse fime ou encore mimor fesi.
        Je ne sais pas, je cherche. C’est presque formidable plutôt que lamentable.
        Après, je n’ai rien contre les lamantins.

        Aimé par 1 personne

  1. Le « tablanoir à roulettes » (j’ai d’abord lu tamanoir !) « Y a pas plus con qu’un lévrier…  » la « queue de cheval rousse » qui se balance encore même quand le personnage s’arrête !
    Que de bonnes et singularences trouvailles !
    😁😄😅

    Aimé par 1 personne

  2. Rien moins qu’échevaleresque et à peine étaxagéré.
    Admirable, toute cette créaginairation.
    C’est terriblement bien gymnasticoté.
    Bravo. Brillant, et burlesque à la fois.
    J’ai beaucoup rit.
    Que du bonheur à la lecture.
    Merci chachashire ! :-)

    Aimé par 1 personne

Ecrivez-nous ici

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s