« The sellout » de Paul Beatty

Une fois n’est pas coutume et en attendant le coup de fil, je vais faire l’écho d’une lecture que je viens d’achever et dont j’avoue qu’elle me fait Treme de tous mes membres.  Le « movement » , la gauche étasunienne, a fondé un certain nombre de lutte et de mode de lutte que nous trouvons aujourd’hui sur nos propres terrains de lutte ( t’as compris ou je dois rajouter une quatrième lutte dans cette phrase  ? c’est à de genre de détail que tu sais que tu bois trop dois prendre de la distance ), y compris les porte-à faux.

« MOI contre les USA » dans la traduction française de Nathalie BRU est un roman satirique énorme.  Qui en français acquiert une douceur et une finesse incomparable, je trouve.  Il s’agit d’un cultivateur bio, noir de peau, « Vendu » comme surnom, va faire rejouer l’émancipation et les droits civiques avec un cynisme digne d’Esope, à Dickens (CA – USA).  Et ceci dans une langue dont l’invention et la légèreté est parfaitement rendue par la traductrice ( j’ai légèrement modifié la présentation – sur écran ) :

« Ce bouffon-là faisait plus que te raconter des blagues. Il cueillait ton inconscient et te matraquait avec, pas jusqu’à te rendre méconnaissable, au contraire : jusqu’à te rendre reconnaissable. Un soir, deux heures après l’ouverture des portes, un coule de Blancs est entré. Ils se sont assis devant, au centre de la rangée et ont aussitôt pris part à la frivolité ambiante. Ils riaient parfois à gorge déployée.  D’autres fois ils ricanaient d’un air entendu, comme s’ils avaient été noirs leur vie durant. Je ne sais pas ce qui a retenu son attention, mais sous les projecteurs, sa tête parfaitement sphérique dégoulinante de sueur s’est tourné vers eux. Peut-être étaient-ils trop prés de la scène. Peut-être que si les blancs ne ressentaient pas toujours le besoin de s’asseoir au premier rang, ça ne se serait jamais produit. Toujours est-il qu’il leur a crié :

« Qu’est-ce qui vous fait marrer comme ça, les faces de craie ? »

Et voilà les gloussements qui enflent dans l’assistance. Le couple blanc qui se bidonne encore plus fort. Qui frappe la table du plat de la main. Content qu’on l’ait remarqué. Content d’être accepté.

« Oh, je rigole pas ! Qu’est-ce qui vous fait marrer comme ça, putain d’enfoirés d’intrus ? Tirez-vous ! ».

Un rire nerveux n’a rien de drôle  …  « 

Qu’est-il arrivé après ? Et à part le fait que oui je suis « Blanc », ma fierté c’est de souvent vouloir être prés de la sortie, en quoi suis-je concerné ?   Vous voulez un indice ? Un bout de phrase un peu plus loin  :

« Et  …   le putain de condor de Californie ? Quand est-ce qu'(il va) récupérer (son) dû ? »

En tout cas, et plus que jamais, j’aurais voulu être une chanteuse noire, si je n’avais pas été un homme blanc occidental, parce que comme dit l’autre, là, que vous aimez pas, « …se plaindre » on a le droit, mais faut pas déconner quand même.

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