…au nom de Vancouver (A.I. Aout 18)

A.Simon sur « ce monde blog » lance la version actuelle de l’agenda ironique », Aout 2018.

La règle du jeu :  « écrire un texte sur un thème donné, en y incorporant quelques mots imposés. Tout le monde est le bienvenu, la forme est entièrement libre, l’imagination et la fantaisie au rendez-vous. »

Le thème :  “Toi qui pâlis au nom de Vancouver.”

Les mots imposés :  paradis, accordéoniste, suave, Alfa Romeo, février, accord et civil. »

Ma participation – ceci est une fiction qui ne reflète en aucun cas mes pensées et opinions, je ne peux donc pas en être tenu pour responsable 

Cette femme avait été nommée selon les règles de l’institution de l’église réformiste papiste des autochtones du Chichettekouwen qui l’avait recueillie.  La compréhension de l’histoire que je vais vous narrer, aussi brièvement que possible, nécessite que je vous explique au préalable ces règles, leurs naissances au cours de l’histoire des Chichettes du pays Wenandouèraillego qu’on abrège souvent par « Wen »(1). 

Les Chichettes, nommées ainsi selon le traditionnel « Hshu hikeut » dont elles saluèrent les premiers trappeurs qu’ils rencontrèrent(2)  étaient, sont encore, un peuple vivant sous un régime pseudo-matriarcal.  Les hommes y étaient rarement vus car ils vivaient enfermés et se cachaient entièrement sous des pantalons qui remontaient au dessus de la tête devant les étrangers, aussi pouvait-on avoir l’impression que les femmes les dominaient entièrement.  C’étaient partiellement vrai, en effet, cependant, à l’intérieur des petites huttes ils faisaient la loi, car tel etait leur royaume  ; et que dire de l’esclavage sans merci que les mères allaitantes subissaient de la part de ces tyrans domestiques.  Donc on peut dire que l’ordre naturel était respecté, car l’homme dominait, mais comme il était tellement précieux et adoré, on ne lui permettait pas de s’exposer.  Ainsi d’ailleurs il gardait toute sa séduction.  En fait son existence était une sorte de paradis comparé aux hommes modernes.

L’excentricité relative de leurs moeurs par rapport aux normes en cours chez les puritains anglais qui furent les 1ers à chercher à les évangéliser empécha que ceux-ci parvinssent à les convertir en bonne et due forme.   Les principes chrétiens pouvaient encore constituer un progrès dans la  formalisation car les Chichettes était un peuple très doux.  Mais pas les rites et cultes qui auraient obligé ces fières guerrières a plier le genoux devant un homme, ce qu’elles ne concevaient en aucun cas.

C’est alors qu’Emma Tréguier survint.  Elle avait été la bonne d’un curé du club breton et avait « dénoncé » par imprudence le marquis de Condorcet (4).  Elle fut tellement mortifiée d’avoir causé la mort d’un homme qu’elle vénérait qu’elle avait voulu se faire Clarisse, étant restée très chrétienne.  L’époque ne s’y prêtant pas elle avait décidé de se consacrer à la mission d’évangéliser le nouveau monde septentrional, la tête pleine de confusion de sa foi, de la culture de son « plou »,  des idées féministes de sa victime involontaire. Par exemple « Puisque je vais monter sur l’échafaud, alors je dois voter ! » pensa-t-elle avec ferveur au début, associant le vote à l’absolution par la république.  Puis évoluant dans sa pensée politique, « heureusement parce que c’était bingouince » en rirait-elle plus tard, elle avait réalisé que sa rédemption ne pourrait s’effectuer que sous d’autres cieux.  Elle partit donc pour les immensités canadiennes où elle croisât bientôt ses confrères parpaillots revenant du Wenandouèraillego qui lui racontèrent leur déconvenue chichettantine.

Emma comprit tout de suite venant d’un pays révolutionnaire que tout valait mieux que laisser ces pauvres âmes  des Chichettes aux mains du paganisme le plus délétère.  Elle fonda l’église réformiste papiste, en même temps catholique et ouverte à l’apostolat des femmes, ce qui l’arrangeait plutôt bien il faut l’avouer.  Les Chichettes adoptèrent immédiatement l’église et sa fondatrice.  Surtout les hommes à qui Emma permit d’accéder à la lecture, et au théâtre grâce aux oeuvres complètes de Marivaux seul livre qu’elle avait pu sauver du naufrage de son canot.

Il se passa avec les Chichettes la même chose qu’avec les autres peuples autochtones lorsqu’ils furent colonisés  :  l’aculturation.  L’église d’Emma parvint à sauver  le théâtre de Marivaux et le matriarcat, mais à quel prix ?!  Les hommes jeunes partirent un par un à l’aventure, émancipés, il disait « “On n’est pas maître de son coeur.”.  Les femmes se trouvèrent devant une pénurie grandissante de garde d’enfant. 

Alors en février 1848, Zulma Tréguier-Hidon (4) fonda « l’institution des hommes féminins de garde des enfants Chichettes ».  Sur la base des traditions Chichettes les enfants gardés à la maison par des « hommes ».  Qui étaient des femmes, nurses hautement qualifiées embauchées pour sursoir à l’absence masculine Chichettantine.  La fête qui s’ensuivit fut mémorable. (5)

La « maison », le surnom de l’institution des hommes féminins pour la garde des enfants Chichettes,  comme les hommes de la tradition chichettantine doit nommer les enfants.  Or les nurses (6) ne pouvaient pas se résoudre à le faire selon leur arbitraire, il leur fallait une règle méthodique.  Zulma dont c’était le cadet des petits soucis, leur proposa un accord pour répondre  aux obligations de l’état civil et de leur conscience.  Et nous voila arrivés à la fin de cette introduction, commençons donc notre histoire.

La descendante d’Emma à la 10ème génération venait de faire l’acquisition de sa première voiture une  Alfa Romeo qui avait un peu d’âge car à 19 ans , une neuve  n’était pas dans ses moyens.  La marque de son véhicule n’était pas un hasard car son prénom était Alfa, à cause de la lettre pointée par le rayon de lune sur l’alphabet grec de la classe de lettre classique à l’heure où la nurse en chef avait regardé.

Alfa la Chichette de 19 ans partait à Vancouver, ville désignée par la nurse en chef selon le procédé traditionnel.  Cette dernière avait été dérangée par Alfa, alors nourrisson robuste qui lui avait tiré le bras  lors  de son lancer de fléchette. Elle visait Edmonton, sa ville de naissance à elle, qu’elle essayait de transmettre le plus grand nombre de fois possible, à l’instar de tous les « hommes ».  Alfa Vancouver allait à Vancouver.  Elle allait y  recruter un homme  et le ramener  dans le Wenandouèraillego.  Là il serait testé et désigné dignement à l’aide de la formule consacrée “Le mérite vaut bien la naissance.”  avant de commettre l’acte de chair, avec Alfa bien sur mais aussi avec toutes les Chichettes qui le désireraient et même quelques nurses.  Il serait choyé comme un être de grande valeur, qu’il était, et protégé de toute agression dans la « maison » pendant un certain temps.

Alfa  aurait voulu retrouver Roméo.  Mais qui était donc ce Roméo de Chichette ?  Et bien c’était un descendant direct du dernier homme véritable authentique qui était parti de la maison  !  Et comment Alfa Vancouver pouvait-elle connaitre le prénom de cet homme descendant du dernier chechettantin officiellement authentique, me diriez-vous (7)  ?

Elle le saura gràce à la marque chichettantine, secrète, c’est tout ce que je sais, mais j’espère de tout coeur que cette marque et cet homme existe, car après cela elles ont promis de me délivrer.

(1)  comme dans Chichette kou Wen, « les Chichettes du pays Wen »(andouèraillego).

(2) « bonjour étranger » dans leur langue , d… selon la version aimable qui est en cours dans l’église réformiste papiste, car il existe une version moins suave elles auraient appelé les premiers missionnaires qui parvinrent jusqu’à elles « chie-dans-liquette » à l’odeur qu’ils dégageaient,

(3) Elle l’avait rencontré au troquet de Bourg la Reine où elle l’avait interrogé et fété avec  ferveur sur le « club breton« , dont « son » curé avait été membre.  Par la suite Emma avait du quitter sa place, et son village où sa réputation était perdue.  Elle perdit en même temps  une bonne place, son amant, le père de son enfant, et son droit de porter la coiffe qu’elle avait mis tant de temps à broder.

(4)  l’apostologue en titre la troisième succédant à Emma, et sa petite nièce

(5)  Sauf que personne ne s’en souvint, à part l’accordéoniste, un musicien de passage qui témoigna avoir entendu Zulma l’apostologue le chevauchant et clamant  “Quand une fois l’imagination est en train, malheur à l’esprit qu’elle gouverne.” , puis « on m’a mis un tissu sur la tête, et je ne me souviens plus de rien ».

(6) Elles furent recrutées majoritairement parmi les émigrées de suisse alémaniques qui venaient d’arriver, c’était déjà un choix risqué, mais et ce fut tout le problème une paire de soeurs jurassiennes de l’ordre des Clarisses qui venaient de se faire expulser de leur couvent pour vol de fromage.

(7) me diriez-vous si nous étions en face les uns des autres, ce que nous ne sommes pas et c’est tant mieux pour vous, car j’ai mangé de l’ail cru et du fromage.  Contre les baisers des Chichettes qui viennent le dimanche faire leur devoir de bonnes chrétiennes de l’église papiste réformiste des Chichettes…

21 commentaires

    1. Une histoire c’est une histoire, qu’on la qualifie par devant ou par derrière.
      Le Canada est bien grand pour qu’on puisse savoir avec exactitude tout ce qui s’y passe, ou pas.
      Merci du passage et du commentaire. :)

      J'aime

  1. Je souris quand je lis ‘elle était bonne du curé du club breton »,
    mais les faits sont là les personnages historiques aussi,
    alors si les femmes s’appelaient souvent Alfa, les mecs pouvaient s’appeler Omega (Homme et gars, à la fois) !?

    Aimé par 2 personnes

    1. De fait un gars n’est pas toujours un homme et , un homme (( sous entendu « mûr » affirmé…un vieux con en devenir quoi ) gagnerait souvent à se rappeler quel « gars » il peut être. Merci du passage et du commentaire éclairé.
      ( il est possible que j’ai confondu histoire vraie et vraie histoire…ce qui n’est pas bonnet blanc et blanc bonnet :D :D :D )

      Aimé par 1 personne

Ecrivez-nous ici

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s