leprixcharlie.fr : « MOI, SUPER-MÉCHANT, JE VAIS… »

Salut. 

L’autre jour en lisant mon journal j’ai découvert ce truc  :  le prix littéraire Charlie Hebdo

Tout de suite enthousiaste je me mets à tournicoter au dessus du sujet, car je le maitrise naturellement pour les raisons que 1 je suis super , 2 je suis parfois méchant et  3 je vais, comme on peut l’entendre dans la chanson plus loin.  A bien réfléchir dans l’eau noire de ma misanthropie je me disais juste que bon « moi super-méchant, je vais… » rester chez moi et allumer la télé pour vérifier que le boulot se fait tout seul, n’est-ce pas ?

Donc merci à Jacques BREL, il a déjà traité l’idée que j’avais, merci beaucoup j’avais bien besoin de ça pour me réconcilier avec ma vie ( voir ici et ici combien de souffrance dégouline de ma plume …et ce n’est que ce qui déborde …bouhouhou ouiiin ouiiiin ouin )

Ensuite je me suis rendu compte que j’étais déjà trop vieux pour participer à ce genre de concours,  pas de beaucoup , 300 mois, à peine plus.  J’ai vraiment pas de chance.  En plus il veulent un truc drôle, comme de bien entendu pour me faire perdre, des complices de Jacques Brel surement !  Mais pourquoi m’en veulent-ils autant ?

Bref, j’ai quand mème envie de faire un texte avec les contraintes suivantes :  -sur le thème « MOI, SUPER-MÉCHANT, JE VAIS… »  ;  -être composé en français avec un minimum de 1500 signes, un maximum de 4000 signes, espaces compris ;  et ne pas reprendre la chanson de J. BREL qui m’a piqué mon idée.  (  Non la litanie qui précède n’est pas le texte en question, Oui le pire est à venir ).

Moi SUPER-Méchant, je vais vous expliquer.
En fait je m’appelle Lucien Bouvier, mais les gens ont pris l’habitude de m’appeler « super-méchant » dans mon quartier… enfin …surtout au « bar des amis » où je vois mon pote… Maurice le patron.  D’ailleurs il ne m’appelle pas vraiment comme ça à haute voix, mais j’ai l’impression de le lire dans son regard quand j’arrive et qu’il me demande « alors cette ardoise , tu l’essuie quand ?! » et que je réponds, « ben attends encore un peu, là pour l’instant j’essuie Charlie ! » en caressant son chien qui s’appelle justement Charlie.
Il doit avoir deviné Maurice, que sous l’apparence banale et un peu drôle de Lucien se cache un féroce misanthrope qui ne souhaite que la souffrance de l’humanité la plus large, qu’elle soit la plus longue et la plus intense.
Et à votre avis, comment je m’y prends, quand je bosse. Balancer des blagues pourries à Maurice c’est cruel, mais c’est pas du boulot sérieux, même si je vous les fais lire aussi après.
Remarquez bien que dans le principe c’est un bon début pour vous expliquer.
D’abord Maurice a une bonne raison de m’en vouloir  :  je lui dois de l’argent, depuis longtemps, c’est contre ses principes, mais il ne peut rien dire car je le rembourse régulièrement, mais pas complètement.
Exprès.  Et il le sait que je le fais exprès, ou plutôt il s’en doute.
Des fois il me refuse le crédit.  J’aime bien quand ça gigote.  Du coup je fais faire une ardoise par quelqu’un d’autre, et quand Maurice découvre qu’il détient de ma dette son expression est un délice.  Les petits bonheurs qui font supporter les corvées dans le boulot, parce que se taper une soirée avec un pochtron lustral, je vous garantis que c’est pas les montagnes russes mais plutôt la taïga sibérienne  :  si on gèle pas, on patauge.
Vous allez me dire :  « mais , grand dieux , quel peut être le rapport entre vos dettes de pilier de bistrot même si vous l’assortissez d’un harcèlement plus ludique que moral ?! »
Certes, je comprends votre question, elle est légitime, il y a loin , très loin du « bar des amis », rue de la  république à la misère du monde.   Ha je vois dans certains regards mon petit plaisir, le doute horrible qui naît dans l’esprit sain et le corps sain qui s’affaisse.
Et oui car le désespoir, la mort, sont assez peu de choses pour moi.  C’est du 1-shot comme on dit dans le bizness, c’est éphémère.  Tandis que les tortures de l’esprit, la crainte, le tressaillement petit mais répété, voila qui à l’échelle du globe, permanente, me rapporte infiniment plus de joie, appelons ma rémunération comme ça : Schadenfreude, en allemand.
Et la dette, n’est-elle pas le moteur de votre civilisation actuelle ?  Une dette financière, bien sur.
Et le chèque sans provision sur les ressources naturelles que votre génération signe chaque année un peu plus tôt ?
Et la dette morale à l’égard des générations, toutes les générations, celles d’avant et celles d’après ?
Voila c’est ça mon œuvre,  même quand je ne l’ai pas fait je la prends à ma charge, et moi Super-Méchant c’est toujours moi qui mène le jeu.
En ne faisant, presque, rien.
Juste en parlant avec mes pochtrons de copains, et copines, ne soyons pas sexiste. »

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