Magie d’Août ironique

Participation à l’agenda ironique d’Aout lancé sur palette d’expression sous le titre
« Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi »

https://palettedexpressions.wordpress.com/2017/08/06/raconte-raconte-tous-les-miracles-quil-y-a-eu-ici-aussi-agenda-ironique

Les vieux compagnons de 40 ans, étaient installés confortablement au bar de l’Hôtel « Des Trois Faisans ». Ils échangeaient des propos informées et raisonnablement prudents, bien rassis, tantôt sur Casanova, tantôt sur Voltaire, et parfois l’un d’entre eux allaient jusqu’à parler de lui-même quand 3 jeunes personnages, vingtenaires passablement avinés firent une irruption bruyante qui retentit dans cette ambiance feutrée et un peu ennuyeuse, on le concédera facilement, comme celle d’un chien dans un jeu de quilles poussiéreux, parce que la boule en aurait été égarée et qu’on en aurait gardé la position pour recommencer la partie après l’avoir retrouvée, tout en ne la cherchant plus que mollement.

Le plus hirsute des énergumènes, qui semblait aussi être le moins saoul, s’écria après avoir croisé le regard interloqué et réprobateur des hommes déjà présents :

«Contrairement aux apparences le hasard ne joue qu’un rôle assez limité dans cette histoire, du moins je le crois.»

Sous le coup de l’émotion un renvoi inonda de bile la bouche du plus gros des presque vieillards, tandis que le plus maigre levait un doigt long et décharné pour souligner la phrase qu’il prononçait : «Vous n’êtes que des peignent-culs malveillants, et monsieur le commissaire vous fera entendre raison !».

Ce à quoi, émergeant de son hébétude vacillante après avoir été titubante en reconnaissant le visage de celui qui venait de parler puis de ses compagnons, le plus élégant des jeunes hommes défit sa ceinture dans le but probable de réaliser le geste que le plus joufflu fit lui directement : leur montrer son cul. Celui qui ne croyait pas au hasard écarta les bras dans un geste d’impuissance, et levant les yeux au plafond, exécuta un mouvement d’une grande efficacité, puisqu’il baissa son froc en se retournant penché déjà, ajoutant une paire de fesses au spectacle.

Là-dessus, 3 hommes d’age moyen, qui passaient justement dans la rue à ce moment là en jetant un coup d’œil à l’intérieur par les carreaux d’une fenêtre, virent ce qui s’y déroulait, et se ruèrent à l’intérieur, pour ajouter leurs postérieurs dénudés au bout de la rangée.

Enfin tous les 6, en un chœur désaccordé, entonnèrent le refrain suivant :

«les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux plus ça devient bête,

les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux plus ça devient …».

Les cibles de cette antenne furent estomaquées d’abord, et même commencèrent qui une embolie, qui une indigestion, qui un priapisme… puis voyant les faces hilares des auteurs de cet affront qui se reboutonnaient, partirent d’un rire énhaurme et salvateur.

Ils commandèrent une caisse de champagne, «et du bon, pas comme la piquette de chez la Montalent», pour inviter leurs agresseurs l’un pour «mieux se connaître», l’autre pour «abattre les a priori idiots», ou «parce qu’au fond ils lui ressemblaient quand il était plus jeune»…

Le barman ravi de l’aubaine et espérant sans doute un pourboire conséquent, ce en quoi il rêvait peut-être un peu, se prit à vanter les qualités réconciliatrices de l’établissement, et fut dûment stimulé à en dire plus : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi ».

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21 commentaires

    1. Salut iotop. Je suis le genre d’écrivain par « point de vue » exclusif pas du tout omniscient : il y avait des veuves joyeuses , des jeunes ambitieuses et des maîtresses femmes, sûrement. Mais Brel n’en parle pas et donc moi non plus.

      Aimé par 1 personne

    1. Il m’a bien semblé que l’un d’entre eux l’a murmuré à l’évocation du commissaire, en effet.
      N’en étant pas tout à fait sur j’ai préféré taire ce détail car la probité de l’exactitude est un vrai souci éthique chez moi.

      Aimé par 1 personne

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