Huit monologues de femmes

J’ai lu un livre petit par la taille grand par l’ouverture sur l’humanité.

C’est en fait une pièce de théatre. Tadjik.  Ha.

Le petit bouquin fait 60 pages et a été un régal de lecture pour moi, ma copine, mes filles, et je suppose tant d’autres encore.  Je voudrais que ce soit encore plus.   Il me semble que ce texte, la version française publiée chez Zulma est signée par Stéphane A. Dudoignon, est un chef d’oeuvre, que le gars qui a écrit ces 60 pages imprimées devrait pouvoir s’assoir sous la véranda, un verre à la main jusqu’à la fin du monde, à recevoir des visiteurs qui lui feraient une révérence, lui baiseraient la babouche et repartiraient à pied dans le désert.  Il se peut que j’exagère.

Chez Zulma ils ont dit « de salubrité publique ».  Oui en effet, je crois.  10 euros 50 chez Amazon.  Heureusement que les dispositifs de salubrité publique comme les capotes ne sont pas commercialisés par Zulma, mais les loyers parisiens sont si chers, c’est vrai.

Alors de quoi s’agit-il dans cette pièce de théatre  ?

8 fois de suite une femme nous parle, comme si elle était de l’autre coté d’une table en formica d’un local genre agence pour l’emploi ou dispensaire, ou peut-ètre mème poste de police.  A chaque fois la femme est diffèrente mais elles viennent toutes de la mème société, celle d’une ancienne république soviétique d’Asie centrale.

L’auteur  Barzou Abdourazzoqov est en effet citoyen du Tajikiston.  Il dirigeait le théatre de Khujand , et peut-être le fait-il encore, une petite ville des confins des Khazakstan, Kirgiztan et Uzbekistan.  350 kilomètre encore plus  à l’est de  Samarcande .    On parle quand mème d’une ville qui a été fondée par Alexandre le Grand, à voir comment ont été fété les 500èmes  anniversaires des certaines grandes villes européenne, ça devrait vouloir dire quelque chose.  Le panorama de ce coin là se passe de commentaire …

Elles sont comme des gens qu’on connaitrait déjà, dans un monde à moitié déglingué.  On ne sait pas trop si le plus fou vient du passé, les soviétiques et leurs marionnettes corrompues locales,  ou des fous de Dieu que la chute des totalitaires athés semble avoir fait germé dans le fumier qu’ils ont laissée, ou laisseront.  Et si c’était la nouvelle société libérale ?

Quand elles parlent on a envie de se marrer avec , ou de se foutre de leur gueule, comme des gens réels.

Elles se racontent. « elle ».  Leur « elle » intérieur.  Vu d’une ville perdue aux confins des Tadjikistan, Ouzbekistan, Khazakstan et Kirgiztan, pas si loin des Talibans,  c’est à lire.

Syndie Kourte dans Monologues de femmes, une des 8 histoires.  C’est la mieux que j’ai trouvée, et pourtant il me semble que j’ai lu tout le bouquin plus vite qu’elle n’en joue un huitième. C’est surement de ma faute.

Publicités

30 commentaires

  1. C’est très délicat de transcrire une critique de livre. La tienne donne immédiatement envie de lire le bouquin, (genre, mais pourquoi ne l’ai-je pas sous la main, là, de suite pour le m’y plonger), tu en parles avec une émotion communicative :)
    et puis j’ai voulu pousser ma curiosité à écouter le texte proposé par la vidéo. Et là, l’ennui s’est installé très vite. Pour le coup, je ne sais pas si c’est le fait de l’actrice, de la mise en scène, du texte lui même.
    Me voilà dubitative…

    Aimé par 1 personne

    1. j’ai hésité à mettre cette vidéo. Mais il fallait bien rendre compte de l’aspect théatral du texte.
      je l’ai fait lire à des jeunes adultes ( ou veiux ados ) qui l’ont fait lire à d’autres.

      Si tu as l’occasion n’hésites pas. ça n’est pas ennuyeux. P R O M I S

      Aimé par 1 personne

      1. L’aspect théâtral, tu pouvais en parler, raconter… mais je comprends que cela puisse apporter une assise à ta critique.
        Merci, j’ai beaucoup apprécié le lien :)

        J'aime

      2. Oui mais moi je ne suis jamais sur que mon avis soit partagé, je trouve que l’actrice ne joue pas mal du tout, son spectacle devait être bien, je suis sincère.

        Mais le texte a un impact vraiment balèze tout seul.

        Ouais si j’avais lu cet article je n’aurais sans doute pas fait mon petit popo. ;)

        Aimé par 1 personne

  2. J’ai adoré les textes qui m’ont été lus (par un talentueux lecteur, ou comédien, heu non pas vraiment…)

    Je n’accroche pas du tout mais pas du tout avec l’interprétation de Syndie Kourte que l’on voit et entend sur la vidéo.
    Je dirais qu’elle en fait trop ou pas assez et en tout etat de cause (j’y vais de mon empoulé moi aussi, y’a pas de raison), passe et du coup nous fait passer à coté du texte sans entrer dans sa profondeur.
    (pff elle ne fait que bouger: et que je vais au porte manteau et que j’en reviens, et que je tourne autour de ma chaise et que… son jeu dilue le texte!)

    Allons, ce n’est que mon avis… :)

    Aimé par 2 people

    1. Ce texte à l’air très chouette, mais c’est une interprétation qui me porte sur les nerfs !
      Comme dit Sissis, trop ou pas assez, moi je dis trop ET pas assez.
      Et en plus, elle ne sait pas terminer ses phrases en baissant la voix, elle monte l’intonation à toutes les fins !!!!! Défaut de tous les acteurs qui récitent et nous font du mélo . Ne sait pas faire les ruptures de ton, les chutes… pas de relief de rythme
      Et les silences mal placés!!! huuuu :o
      Pour la mise en scène pareil!! Huuu. Bouger juste pour faire diversion :evil:
      Là ça fait faussement intello…..
      Et ça fout tout le texte en l’air qu’on arrive pas à capter. Dommage!!

      J'aime

      1. Meuh non je trucide personne moa ;)
        Le texte semble excellent, mais très mal servi comme Chacha le dit lui- même et notre Chacha c’est pô lui qui joue « si bien »….. Alors j’enfonce un peu plus le clou déjà planté par Sissistronelle ;) et là pas de tronçonneuse quand on bricole, mais un bon marteau!! :P

        Un clou doit être enfoncé complètement ou pas du tout, comme une porte doit être ouverte ou fermée…. huuuuuu v’là que je philosoeuf accoudée à mon comptoir ;) :D

        J'aime

    1. C’est excellent à lire à voix haute – magnifique traduction – à jouer, mettre en scène, délicat sans doute. Parce que somme toute les situations sont statiques.

      Je pense à Tchekhov qui écrivait des comédies et voyait jouer des drames.
      Le texte recèle une distance et une ironie qui doit être difficile à rendre.

      Aimé par 2 people

      1. Serais-tu aussi, comme ma pauvre personne, dans une phase achille-talonesque aigüe ? :) Hop …

        Statique, c’est tout sauf un problème, c’est très riche de ne rien faire, ça met en mouvement l’imagination du spectateur … je vais essayer de trouver le bouquin ; j’avais vu il y a une bonne quinzaine d’années, si pas 17 ou 18, un spectacle sur des textes écrits par des femmes après les camps de la mort en 1945 «  »La connaissance inutile », mis en scène par Pascal Crochet (metteur en scène et danseur), il ne se passait rien … mais si on fermait les yeux ne fût-ce que 30 secondes, tout avait bougé, imperceptiblement ce « texte » était en mouvement ; je ne me rappelle pas qui jouait (elles étaient plusieurs à porter les « voix mortes »), mais ça reste une de mes grandes expériences de spectateur. Mais Crochet est très fort, pour porter le « rien » (ses mises en scène des texte de Robert Walser sont splendides, drôles, touchnates)

        Aimé par 1 personne

      2. Heu… je te fais confiance. Je disais ça pour dire que j’avais juste considéré le texte écrit pas joué. :)
        J’aime beaucoup talon mais j’ai pas.compris l’allusion… le cote sentencieux pédant de mon commentaire ?

        Aimé par 1 personne

      3. Non, je me fais entre 5 et 10 albums de Talon par jour pour le moment, donc je baigne dans le calembour etc …

        Plus le « pédant potentiel » de mes commentaires généraux sur le théâtre (j’ai commenté la traduction théâtre, Tcheckov, etc … assez régulièrement ces derniers temps). Si j’ose dire lol

        Aimé par 1 personne

Lancez vous "Vers l'infini et au delà... " ("tu parles, j'appelle ça tomber avec talent.")

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s