Difference Propre et Singularités

De ce qui permet d’être libre

Le petit mot de Suzanne  :   Pwezidol se prenait  pour un grand professeur de morale.  Il semblerait d’après nos recherches sur les hiéroglyphes de Pwezidol,  que hélas ait été un des noms de la « légion » infernale de ses identités  ;  elle ressemble beaucoup à icrayon qui en est en quelque sorte la forme finale,  j’ai donc changé le nom du personnage.    Daté au #14 carbone aux alentours de Février 2011

 

Hier j’ai encore bu. J’avais viré ce salopard avec lequel je suis mariée. On s’est juré fidélité pour le pire – il était mon pays, ma foi, mon tout.
J’étais sa femme, sa raison d’avancer, la compagne qui l’invitait à voyager, un but.

Il me bat. Surtout quand j’ai bu. Il me harcèle alors je l’insulte.
C’est embêtant les coups parce que ma peau marque, je cicatrise mal, ça fait des bourrelets.

Le matin ça a été, j’ai été voir la prof’ principale à midi. Elle était là, dans sa classe, à son poste de bureau devant le tableau. Les élèves sortaient comme se vide une salle de spectacle
Elle à son estrade lisait en marmonnant :
 » Hier, j’ai vu Grü… Manbert, LE cas…Ommiers, lui, il coule… Tal, je le vois quand ?… « 

Quand ils sont tous sortis, les élèves, je suis rentrée, et elle m’a vue.

« ha madame ICRAYON. Bonjour ».

Et là, moi aussi je l’ai vue. L’alcool, les coups et les larmes, la colère et les mots qui font mal, plus à soi qu’à l’autre quand on s’en souvient.
La rancœur subie, éprouvée. Qu’on aimerait pleurer mais qui ne sort pas alors on la boit. Puis quand il rentre on l’aboie.
Oui il tape – comme on corrige un animal à la campagne.

Si je l’ai vue c’est qu’elle m’a vue aussi. Un éclat de deux abîmes qui se répondent.
Puis elle a baissé les yeux, m’a dit que ma fille avait des résultats en chute libre.  Sa voix haut perchée d’anglaise se répercutait en écho sur les murs verts d’eau de cette école.

J’ai expliqué la situation, ce qui lui a fait dire qu’elle comprenait et qu’elle ferait attention.
M’a proposé de voir l’assistante sociale.
J’ai dit « non, ça va aller », avec le sourire courageux qui serre les fesses.
Dernièrement ma voisine s’est fait enlever ses enfants. Elle boit encore plus que moi, enfin je crois.
Mais elle  est surtout trop bête de raconter ses problèmes à tout le monde.
Il faut se cacher.

Bref la prof’, elle comprend mais si la gamine ne se reprend pas c’est le redoublement.
Et si je ne me reprends pas c’est le placement. Enfin je crois.

En rentrant j’ai demandé au voisin de passer. Avec sa voix douce, avec ses yeux clairs…il est pas mal fait, et si gentil.
Je voulais qu’il m’installe ma box internet et mon ordi que l’autre malade mental avait démonté en partant.
Je l’ai invité pour le café.
J’avais déjà un peu bu.
Je suis triste d’avoir viré le malade, je n’aime pas être seule. J’ai envie de câlin.

Il a bien travaillé et m’a tout installé. J’étais si contente que je l’ai pris dans mes bras et embrassé.
Lui aussi est en manque de câlin. Il dit qu’il donne mais ne reçoit pas, qu’il est fou de frustration. Il ne doit pas bien connaître le vrai comportement d’un fou.

Quand il a eu testé internet sur l’ordi j’ai été contente encore, je l’ai ré-embrassé. Je l’ai invité à manger. Puis je lui ai demandé de partir. Je n’étais pas prête psychologiquement.

Il est gentil il m’a bien dit que ce ne pouvait être qu’un coup comme ça. Que ses enfants, les miens, en avaient assez vus. Lui était cool. Mais il ne voulait pas d’ennuis.
Moi ça irait ?

« Ho oui, moi c’est fini, plus d’amour pendant 5 ans au moins. » j’ai dit.

Il a dit « fais attention à toi, tu sais même un couple merdique c’est un deuil. Le deuil ça donne envie de baiser. ne mets pas tes sentiments là dedans. baise et ne tombe pas amoureuse. »
« Des hommes qui donnent envie de les baiser et qui ne sont pas les bonnes personnes pour toi – je crois que tu as donné. Baises les et endurcis ton cœur.
Tu choisiras après »

Oui… il avait envie de me baiser mais pas des embrouilles. Il l’avait dit « je ne suis qu’un homme ».

En théorie je suis d’accord. Presque.

Quand je l’ai embrassé, encore, il m’a caressée, les fesses. Il m’a dit « callipyge » à l’oreille.

J’avais des trucs à faire alors on s’est dit « à plus tard ».
Il m’a regardée bizarre et a dit :
« non, on est trop fragiles tout les deux ; c’est pas possible. »
« tu as raison » j’ai dit.
« c’est assez fréquent ». Se prend pas pour de la merde lui non plus, tiens. Enfin je crois.

J’ai bu. Et je suis retournée le chercher. Là il m’a expliqué que je n’étais pas gentille de faire courir des lapereaux devant un loup.
Que j’étais soûle et aussi vulnérable qu’un faisan d’élevage. Quand je l’ai encore embrassé il m’a tout de suite mis la main à la chatte, m’a caressée.

Je l’ai repoussé, « je suis pas comme ça , moi » tu parles avec ma voix qui vacille comme une quille frôlée par la boule.
Il m’a dit  :
« Ha, et moi je suis du genre à abuser d’une femme soûle qui va me pourrir la vie après ? ». Pas méchamment.
Mais j’ai compris. Ce n’était pas à lui de me corriger.

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Cette entrée a été publiée le 13 novembre 2014 par dans Du fond de la mine.

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