A/R – Bain !

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – Maman et l’affiche du cirque

2 – Maman et les habits

3 – Maman et les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

2 – repas 

Après quelques minutes de marche à travers un dédale de ruelles, d’escaliers aux marches creusées, dans une cité moyenâgeuse ou qui parait telle, Georges passe dans une cour privée pour accéder à un hôtel particulier de pierres blanches et aux toits compliqués. Il y pénètre par une modeste porte dans l’aile gauche. Laissant sur sa droite une simple porte et un couloir lambrissé sombrement qui plongent à l’intérieur du bâtiment, il s’engage dans un escalier en bois sans palier, usagé et grinçant . La montée se termine par une porte, au milieu de la quatrième volée. C’est une vieille porte en bois, à la peinture écaillée sur plusieurs couches de couleurs.

Jusque là Lala l’a suivi. Ils n’ont plus rien dit. Georges a marché vite et sans hâte, naturellement preste sur ce chemin habituel.

Georges sort un trousseau de sa poche, il ouvre avec une clé toute simple matifiée par l’usage. La porte s’ouvre sur quelques marches encore avant de déboucher dans une pièce étroite, plutôt un court couloir transversal à l’escalier, qui fait office d’entrée. La lumière y arrive de chaque coté, alors elle ne paraît pas si sombre. Juste à coté de la porte une console en demi-ovale, style 3ème empire, des pieds cannelés à l’imitation des colonnes antiques, avec plateau en marbre, où Georges pose ses clés parmi d’autres menus objets dont on aime débarrasser ses poches déjà présents.

« – La porte en face c’est la salle d’eau, la porte à gauche c’est le salon et puis après la salle à manger, et encore après la chambre de Maman, et ma chambre. À droite la cuisine, et le cagibi. » Georges a parlé sans s’interrompre, d’une voix plate un peu désincarnée, comme s’il répétait des instructions.

Il accroche son blouson bleu sur un petit porte-manteau en tube chromé, après avoir lâché le cabas sur le vieux plancher ciré, sous la console.

« Pour bain ? » Lala arrêtée sur le seuil, a parcouru l’entrée et ses issues des yeux en glissant son sac de son épaule.
Georges la regarde le temps de comprendre ce qu’elle veut.

« ben dans la salle d’eau ! » dit-il en poussant la porte de la main, découvrant une baignoire à droite et une cuvette en face, on devine un lavabo derrière le battant ouvert à gauche – c’est une pièce très lumineuse aussi, une fenêtre au verre cathédrale occupe presque tout le mur au dessus de la chasse de la cuvette.
Devant l’expression ravie, il s’amuse bonasse :

« Vas-y. Donne moi tes affaires je fais la lessive, et puis je fais à manger. J’ai faim ».

Lala regarde Georges, amusée, impatiente, réjouie…elle le jauge pendant une ou deux secondes et se décide dans un grand sourire en coin, le menton en avant, les yeux brillants de défi, comme quand gosse elle plongeait dans le canal pour rejoindre ses copains :

« OK. » elle enlève sa chemise, qu’elle laisse tomber, puis défait sa ceinture, baisse son pantalon. Là, elle se rend compte qu’elle a encore ses brodequins, se penche pour défaire les lacets les desserrer, se relève, fait passer son maillot par dessus sa tète, en essayant de les ôter.
Elle s’appuie de l’épaule au chambranle de la porte d’entrée pour finir la manœuvre, puis traverse l’entrée, d’un pas qui lui permet d’enlever ses chaussettes l’une après l’autre. Elle entre dans la salle d’eau en culotte de coton « blanc ». Elle repousse la porte pour une seconde plus tard lancer sur le tas ce dernier vêtement.
Ensuite Georges entend de l’eau couler, des jurons, puis du ravissement exprimé d’abord dans une langue inconnue, puis par « c’est bon, bon, booon. Merci, merci, merci » qui se finit par un borborygme quand Lala s’enfonce sous l’eau.

« OK » répond-il dans le vide après un temps de réflexion, avant de se diriger vers la cuisine, et le cagibi, pour en revenir avec un panier à linge où il ramasse les effets sales de son hôte féminin, non sans grimacer un peu et du bout des doigts. Un genou sur le plancher, il regarde le cabas de supermarché où il y a marqué « Bienvenue en pays malouin » avec des photos des remparts, la mer, un vieux bateau à voile, puis le sac de sport :

« tu as des affaires à laver dans tes sacs ? » force-t-il à travers la porte et les bruits d’eau.

« Hein ? »

« Dans tes sacs, tu as des affaires sales ? » en répétant sa question il se penche au dessus du cabas pour le renifler prudemment.

« heu, pas savoir. » répond distraitement Lala.

« OK. » Georges est contrarié, il prend le cabas et le pose sur la panière, avant de tirer le sac à lui pour l’ouvrir, et y prendre tous ce qui ressemble à des vêtements pour le mettre aussi sur la panière. Il finit par poser le sac à moitié vide au dessus de son tas de linge.

Puis il repart vers la cuisine et le cagibi tandis que Lala chantonne en se savonnant, il le sait parce qu’elle s’interrompt parfois et il entend des chuintements humides, des friselis et des petits clapots.

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas

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20 commentaires

  1. non sérieux,
    outre les clips, les descriptions longues de cet épisode, à la Balzac diront certains (mais je n’y crois pas) donnent une respiration à l’histoire.
    J’entends par là que, même si ces descriptions situent les personnages dans un lieu et un univers donnés, elles offrent par ailleurs une belle échappée.

    Ainsi, alors que nous lisons la peinture écaillée sur plusieurs couches de couleurs ou la console en demi-ovale, style 3ème empire, des pieds cannelés à l’imitation des colonnes antiques avec plateau en marbre, nous lecteurs, nous faisons certes des représentations à peu près identiques à celles du narrateur, mais nous nous trouvons également tout à loisir à cheminer personnellement dans le destin des personnages et le fil de l’histoire du fait de l’absence « d’action », de son arrêt (ceci suite à des réactions faites en un autre lieu sur cet épisode …).

    Ce procédé que tu utilises amplifie (à mon avis toujours) la forme feuilletonnesque de Amours Réelles où le temps semble être dilaté et permet grâce à ça un vaste espace d’investissement de la part du lecteur.

    Une pelote de laine qui donne lieu à un tricotage tout personnel!…
    :)

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    1. OUah … je dis habituellement qu’il n’y a pas de procédé, juste un instinct mis en forme. les descriptions , comme les personnages, se dégagent tout seul.
      je ne suis qu’un médiateur entre l’histoire telle qu’elle sort et les lecteurs.

      Je fais des efforts de mise en forme par égard pour un lecteur premium, exigeant ne veut pas dire trés intelligent. hélas…

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  2. Géniale la vidéo de Lala!… enfin de Shakira qui chante Lalala.

    Je te jure, je l’ai regardée et re regardée, large sourire et rire.

    La première version était celle-ci:
    http://www.nrj.fr/videos-3964/clips-4022/media/video/858167-shakira-dare-la-la-la-.html

    rien à voir n’est ce pas?
    Et qui de plus n’allait pas avec notre Lala à nous!!!
    ce sentiment de possession des personnages et de l’histoire!!!

    ( Bain oui!…) :)

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    1. Ce qui m’a amusée en plus, c’ est l’histoire de ce clip.

      Shakira se serait (je préfère le doute à l’allégation…) largement inspirée (son réalisateur tout au moins) du beau clip Iron de Woodkids.
      aves ses drapeaux, courses dans la boue, chevaux , gong, aigle, météorites etc…

      Le voici

      Alors, Shakira, Lala? des usurpatrices?

      Et oui, comme à chaque fois, je me fais mon cinéma toute seule en attendant l’épisode suivant. Et l’auteur lui continue son petit bonhomme d’écriture sur son chemin à lui…

      ( pour ces raisons entre autres, c’est vraiment une riche idée la version feuilletonnesque!)

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