A/R – Les scoubidous

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas 

 

« Non, nous sommes complet mademoiselle. » laisse tomber le réceptionniste. Il toise Lala et Georges une demi-seconde avant de recommencer à trier le courrier. C’est un homme de  très grande taille, mince et solide, sa couleur de peau et ses traits rappellent à Lala un officier Africain qu’elle a croisé à ses tout débuts d’instruction. Ses manières dédaigneuses aussi, d’ailleurs.

Il prend une enveloppe, regarde son registre et la dépose dans un des casiers numérotés derrière lui. C’est un des seuls où n’apparaît pas de gros porte-clés.

« Mais, je voir les clés, monsieur. Y a personne ! » proteste Lala en se grattant le bras.

« Puisque je vous dis que nous sommes complets, c’est que nous n’acceptons pas de nouveaux clients, c’est tout. Ce n’est pas la peine d’insister, il faut que vous alliez ailleurs avec votre petit ami, c’est tout.  Voilà, c’est tout, mademoiselle. » Il a fini de trier son maigre courrier et de toute sa hauteur, les yeux dans les yeux domine Lala.

« Krutyy klopets, da, da ?! » finit-elle par lâcher entre ses dents tandis qu’elle sourit gentiment. Elle se souvient encore de l’officier. Elle n’avait pas eu affaire à lui directement, mais son attitude hautaine ainsi que sa réputation de cruauté rend ce souvenir détestable. Ils se défient un instant…

« Ha, tu vois, … ils ne veulent pas laver tes habits sales. Allez viens ! » ce disant Georges pose la main sur le bras de Lala et tente de l’attirer vers la sortie, la rue.

Lala se tourne vers lui et repousse sa main. Elle avise une bonbonnière sur le comptoir, prend une poignée de petits bonbons enveloppés de cellophane transparent, pour les tendre à Georges qui les met dans sa poche de blouson, sauf un pour le manger . Elle en reprend un pour elle, le déballe et le prend dans sa bouche, songeuse.

Lala se souvient alors du prénom donné à la gare :

« est-ce que Ramboise , là ? » demande-t-elle.

« Ni framboise, ni banane, ni scoubidou, c’est tout. Alors maintenant c’est tout , vous allez partir, sinon ça va être tout » en éloignant la bonbonnière sous son comptoir.

« Viens avec moi, Maman aime quand il y a des gens à la maison. Et puis il y a du bain moussant. » se tournant vers le gars de l’hotel, « vous avez pas de bain moussant, vous ?! ».

Lala regarde ses pieds en suçotant son bonbon. Elle finit par se déterminer à poser son sac de sport kaki sur le comptoir pour en extraire son portefeuille plein de gros billets.

L’homme de haute taille glapit  comme une mitraillette, d’une voix forcée dans l’aigu.:

« Ha mais vous avez pas compris ?! Je vous ai dit de fiche le camp d’ici, c’est tout, faut pas planter la tente ici, hein ?! C’est pas l’armée du salut ?! y a des clients qui peuvent arriver, hein, c’est tout ?! Alors on prend son débile et ses fripes puantes et on dégage, sinon ça va être la police et c’est tout !!! » .

Soudain il se tait.

Quand Lala montre les billets, c’est dans le vide car il ne fait plus attention. Il regarde Georges

Celui-ci a les traits déformés par une fureur animale, il respire très fort.

« JE SUIS PAS DEBILE. JE SUIS IDIOT MAIS PAS DEBILE. » articule-t-il en fixant l’indélicat personnage,

« VOUS RETIREZ CE QUE VOUS DITES. » et il tend les bras pour passer de l’autre coté du comptoir. Quand il a crié

« Mais arrétez-le, bordel, arrétez-le, j’appelle les flics. C’est un malade ce type c’est tout. », il recule décontenancé voire effrayé.

Lala sans se réjouir franchement n’est pas mécontente de ce spectacle.

Georges a presque fini d’escalader le comptoir, alors elle penche la tête de coté et va le ceinturer aux épaules, le ramener du bon coté. Comme il semble redoubler d’agitation, émettant des borborygmes plus que des paroles, elle le retourne, l’adosse au comptoir, lui inflige un aller-retour sur les joues, puis le maintient plaqué au comptoir son avant-bras en travers de la poitrine le temps qu’il reprenne un souffle normal. Ils se regardent dans les yeux.

« ça va, ça va… » une mimique étonnée « c’est quoi ton nom ? »

« Georges » entre deux inspirations profondes

« Moi Lala» ils échangent une sorte de rictus qui est un effort vers un sourire.

Le réceptionniste de haute taille et d’attitude hautaine a repris son calme aussi. Il empoigne le combiné téléphonique, c’est un modèle filaire, et compose le numéro :

« j’appelle les flics, c’est tout. » l’écouteur collé à l’oreille, « allo la police… zut… ça va pas tarder…»

Lala se penche au dessus du comptoir, et appuie pour raccrocher,

« OK, nous partir, pas grave, excusez…la fatigue, OK, nous partir. », elle reprend son sac, pousse l’épaule de Georges vers la sortie. Il se laisse faire,  le cabas coloré à bout de bras.

Le réceptionniste de l’hotel, raccroche le téléphone aprés une courte hésitation.  Prend un bonbon et replace la bonbonnière sur le comptoir.  Enfin il secoue la tète, regarde sa montre et se plonge dans l’étude de son registre plus qu’à moitié vide, en tournant les pages d’un air contrit.

Georges et Lala  traversent la rue. En arrivant sur l’autre trottoir, Georges part à gauche, là d’où ils sont venus :

« la maison, c’est par là. », et elle le suit. Ils vont chacun dans leurs pensées respectives, tristement, comme accablés par un destin funeste, Au bout de quelques mètres ils tournent à droite dans une rue plus étroite qui les emmènent dans un quartier dont les maisons sont plus anciennes, presque médiévales.

La cloche de la cathédrale sonne midi alors qu’ils marchent en file  dans un étroit passage pavé.

« Il est midi. J’ai faim. » déclare Georges en se retournant vers Lala qui d’un coup de menton lui indique de continuer à marcher.

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas 

Sacha distel « Scoubidou » Live – archive INA

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4 commentaires

    1. Oui peut-etre, mais je pense que beaucoup de femme peuvent avoir le coté LIsbeth. Physiquement en tout cas elles ne se ressemblent pas du tout et Lala n’est pas une hackers excitée , ou une victime révoltée, c’est plutot l’inverse.

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