Difference Propre et Singularités

A/R – Le barman, fin

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas 

Lala se retourna vers le barman qui finissait de tirer sa bière, les yeux dans le vague, le torchon sur l’épaule.

Elle se leva et se dirigea vers le bar d’une démarche que ses lourdes chaussures rendait martiale , son gros billet entre les doigts qu’elle posa ostensiblement sur le comptoir. Le billet reflétait son camaïeu de mauve et de violet sur le zinc nickel, les extrémités dressaient comme deux ailes qui frémissaient dans un petit courant d’air frais.

« Je paye maintenant. ».

Le barman était un poète dans l’âme, il aimait les papillons colorés, son regard fut subjugué à l’instant par celui que Lala retenait du bout de ses doigts aux ongles douteux. Pendant une seconde, puis il la regarda en face, une autre seconde, et posa le demi devant elle.

« Un grand chocolat, un croissant, un jambon beurre, et un demi … ça vous fera 35€. Mais il va falloir que j’aille chercher la monnaie au guichet, comme j’ai dit. »

« pas problème. Dis, tu connaître le monsieur là-bas. Lui est habitué, non ? ».

IL scruta le regard et le visage de sa cliente.

Elle regardait droit et à ce moment là aucune expression ne venait déformer ses traits, elle avait l’air tranquille et concentré d’une professionnelle en train de conclure une petite transaction.

Il regarda de nouveau les bagages entassés à coté de la chaise de Lala, qui avança son billet d’un centimètre.

« je sais pas grand chose. Il vient souvent, il dit qu’il vient chercher la femme de sa vie, il est spécial mais pas méchant. Il vit avec sa mère qui a l’air de bien prendre soin de lui. »

« Ha. » reprenant son billet « je faire la monnaie. »

« Heu non, non ce sera plus facile pour moi…j’vais y aller, c’est bon, Il n’y a personne de toute façon…enfin sauf vous et lui, bien sur. Vous savez, faut pas l’embêter, il est pas dans son état normal. »

Il prononça ces derniers mots en contournant le bar et en se dirigeant vers les guichets de la gare où les faux-billets étaient détectés et la police en ligne directe.

Lala resta un instant pensive et, dés que le loufiat se fut éloigné, reporta son attention sur Georges. Il fouillait sa poche de blouson, en extirpait ses mouchoirs en papier, avec peine parce que la doublure en nylon collait à sa main.

Des difficultés similaires se rencontrèrent pour en sortir un de l’étui en plastique souple, puis encore pour le déplier. Dans chacun de ses gestes Georges commençait par agir avec calme et méthode, puis au fur et à mesure que les objets se rebellaient, il ressemblait à une mécanique

qui se détraque – par exemple un de ses vieux camions militaires dont le démarrage ébranlait les hangars, dont les suspensions fatiguées amplifiaient les cahots et les changements de vitesse ressemblaient aux derniers râles suivi de la dernière convulsion.

« Voila votre monnaie : 5 qui font 40, 50, 100, 200, 300, et 200 qui font 500. Le service c’est Patrice… je m’appelle Patrice, c’est mon nom, enfin mon prénom. » Patrice, le barman, était un peu essoufflé et tout souriant.

« Hooo merci monsieur Patrice. Je devoir rester un peu ici. Un hôtel bon et pas trop cher ? »

« ça dépend où, prés de la gare ou plutôt dans le centre ou…ailleurs ? »

« heu pas trop loin de la gare et du centre. Pour aller me promener, et les magasins. » en disant ce dernier mot elle écarta les bras en se désignant du menton ou en regardant ses pieds, en tout cas elle baissa la tête, et la releva en arborant un sourire gêné et espiègle.

« oui en effet…t’es vraiment sympa…heu… »

« …ho ! Lala ! »

« ho ?! Enfin bref, je t’aurais bien proposer de venir chez moi , mais ma femme risque de mal le prendre. Bon alors va à la Boule d’or, tu demandes à Ambroise, c’est un pote tu lui dis que tu viens de ma part, il t’arrangera ça.

Pour y aller c’est simple, tu prends la rue en face de la gare, au feu tu tournes à droite et après c’est tout droit pendant 1km, tu peux pas louper c’est sur ta gauche, la boule d’or. » Il sourit. Elle sourit.

Georges se leva, posa les 2 euros du chocolat sur la table, se tourna vers le couple du comptoir :

« au revoir » en remettant ses mouchoirs dans sa poche il se tourna et marcha vers la rue pour sortir. Il faisait gris en cette matinée d’automne, un gris léger et lumineux, frais, un temps idéal pour changer ses habitudes, sécher ses larmes et marcher un petit peu pour dissiper sa confusion.

Patrice avait répondu

« Au revoir, monsieur, à demain, peut-être ? » puis avait ajouté à l’intention de Lala : « il vient tous les jours ces derniers temps, mais normalement il reste toute la journée. Faut croire que tu lui as fait quelque chose. »

Lala dit calmement :

« Ho, Lala rien fait à lui. Lui fait tout seul à lui. Ce pas grave…c’est pas grave. » Puis après avoir vidé son demi.

« Merci Patrice, je vais à Boule d’or pour voir Ambroise. A plus tard. »

Sur ce elle prit ses sacs un en bandoulière maintenu d’une main et l’autre pendu à son autre main sur son épaule, de face on aurait dit une randonneuse.

Elle fit « ciao » de la porte sur la rue et partit droit devant elle, dans la rue en face, avec le blouson bleu marine de Georges dans sa ligne de mire un bref moment avant qu’il ne tourne à droite.

Patrice le barman rinça le verre à bière, le mit à égoutter pendant qu’il allait débarrasser les deux tables, les essuyer avec son torchon. Il fit sa petite vaisselle, l’essuya tout pensivement, les yeux dans la perspective de la rue en face de la gare jusqu’au coin à droite. Il pensa à sa femme et à sa fille.

Puis il regarda l’horloge, 10h15, l’heure de préparer le petit service de midi, les sandwiches, les salades, les entrées, d’ailleurs il n’était « pas en avance avec toutes ces conneries. ». Elle l’avait « bien eu avec ses airs. Mais aussi je suis trop con, elle a raison Léonie, elle a raison. ». Léonie, sa femme.

En faisant les jambon-beurre il se posa un nombre infini de question sur Lala, dont il ignorait toujours le prénom qu’il avait pris pour une interjection et d’où sortait cette fille. Quant à Georges il le plaignait sincèrement. Il espérait que « ce pauvre garçon va s’en sortir. » que « sa maman va réussir à l’aider. ».

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas 

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À propos de chachashire

3 commentaires sur “A/R – Le barman, fin

  1. Arthur R
    26 juillet 2014

    Là, ça se termine là? Comme ça?

    J'aime

    • Suzanne et le Docteur Ouate
      27 juillet 2014

      on resterait sur notre fin.

      J'aime

    • cafcaciri
      27 juillet 2014

      non . mais là ils sont sortis de la gare. la suite va arriver t’inquietes

      J'aime

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Cette entrée a été publiée le 24 juillet 2014 par dans chachashire, ICI on crée Môsieur, et est taguée , , , .

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