A/R – Lala

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas

Georges était assis à sa meilleure place quand il vit Lala : en face de la porte « arrivée », la plus éloignée pour voir les voyageurs plus longtemps pendant qu’ils traversaient le hall, ou marchaient sur le quai, par les baies vitrées qui le séparaient du hall.
Cela faisait bientôt 3h qu’il était là et il allait se lever pour aller au buffet prendre son chocolat de 9h15, comme il faisait toujours après l’heure de pointe. Maman lui recommandait toujours de bien répartir ses efforts et ses repas dans la journée. Comme elle l’avait toujours bien guidée à travers les difficultés de son existence, qu’il lui reconnaissait une bienveillance sans faille, il s’efforçait de bien respecter les règles de vie qu’elle lui avait transmises.

Chaque jour qu’il venait à la gare, c’est à dire tous depuis quelques semaines, il se déplaçait du hall au buffet pour prendre un chocolat chaud. Pendant ce temps là il n’interrompait pas tout à fait son guet car à ces moment là aucun train ne s’arrêtait, il n’y avait pas foule, il pouvait observer les rares passagers depuis une table prés de la grande vitre qui séparait l’établissement de la gare. Il s’y installait pour un long moment pendant lequel il buvait de petites gorgées brûlantes et sucrées. Parfois il parvenait à parler avec le barman, quand celui-ci était disponible, il l’était souvent, et de bonne humeur, c’était plus rare.
Ils n’avaient pas de grandes discussions, mais de ces petits échanges banals et réconfortants qu’on échange entre quasi inconnu.
« alors ça va aujourd’hui ? » engageait le barman, ou si c’était Georges « il n’y a pas beaucoup de monde. » Georges faisait ses journées en fonction du monde, de ses chances plus ou moins grandes qu’arrive la femme de sa vie. Bien sur il n’en parlait pas directement avec ses interlocuteurs car Maman lui avait appris, délicatement, que si elle-même le comprenait assez bien, il pouvait ne pas en être de même avec les autres gens. Il valait donc mieux être prudent, de manière générale quand on parlait avec eux du fond de sa pensée.
Néanmoins ses préoccupations ressortaient systématiquement dans sa conversation car Georges ne pouvait pas penser à deux choses. Simplement il ne parlait pas de l’essentiel, il tournait autour, il parlait de ce que tout le monde pouvait voir. En cela il ne différait pas beaucoup de la majorité des gens, mais il ne le savait pas.

Georges aurait bien voulu pouvoir discuter avec d’autres aussi bien qu’il le faisait avec Maman, surtout ces derniers temps. Mais il avait appris bien des années plus tôt que ce n’était pas possible, qu’il devait observer une certaine réserve en parlant avec les gens. Cela aurait fini par des désagréments qu’il ne souhaitait plus revivre, d’autant moins maintenant.
Et pourtant c’est là qu’il en aurait eu le plus besoin se disait-il parfois.

Le barman, connaisseur de l’âme humaine par l’usure de 25ans de torchon sur les comptoirs, plus que par tempérament, voyait bien qu’un jour ou l’autre il aurait les confidences de ce client un peu étrange. Il attendait ce fait inéluctable avec une moins grande lassitude qu’avec les autres clients habituels, et même avec curiosité. C’est ce qui le poussait certains jours à questionner cordialement Georges. Comme ça il avait appris que Georges admirait sa mère qui l’avait doté d’un grand savoir-vivre très utile, ce dont le barman était témoin. Il savait que cette grande et bonne dame, telle qu’il l’imaginait, approuvait le comportement de Georges. Il en était rassuré d’ailleurs. Mais il ne savait pas ce que faisait réellement Georges en venant tous les jours à la gare.
Et ça l’intriguait. Pas au point tout de même de déroger à sa discrétion toute professionnelle. Il attendait, avec les autres familiers de la gare, avec qui cet homme moyen, mince et légèrement vouté sous sa calvitie dominante, bavardait à l’occasion au sujet du personnage Georges.

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas 

 

Publicités

4 commentaires

  1. Bon-on… ,kafkakiri va nous tenir en haleine combien de temps kom ça?

    Lala entre en gare dès la première phrase mais… toujours pas en scène.
    Y entrera t-elle d’ailleurs?

    Hé.. hé.. hé.., c’est ce que vous saurez dans le prochain épisode… ;)

    J'aime

Lancez vous "Vers l'infini et au delà... " ("tu parles, j'appelle ça tomber avec talent.")

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s