A/R – Lala suite

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas

Lala tomba sur le quai.
Dés que le rapide s’arrêta la porte de la voiture 7 s’ouvrit pour laisser passer la jeune femme tenue par deux contrôleurs. Quand elle fut sur la dernière marche métallique ils la lâchèrent en lui donnant une dernière poussée pour éviter d’avoir à l’accompagner jusqu’en bas. La contrevenante fut trahie par ses mules éculées, trébucha et s’étala sur le sol noir et dur en se tordant la cheville.
Elle se redressait à peine quand ils lui balancèrent ses bagages, un vieux sac de sport et un cabas de supermarché qui répandit des vêtements colorés en atterrissant.
« Estimez vous heureuse qu’on n’ait pas le temps de vous amener à la police, madame ! » Lança la cheftaine de train.
« merci beaucoup ! » rétorqua Lala assise, « Chlouha ».
Le train se referma sur les passagers et employés de la compagnie, et repartit vers la capitale.

Georges était stupéfait par la scène. Normalement ce train ne s’arrêtait pas dans sa gare, normalement c’était l’heure de la pause chocolatée.
Il ne bougea pas pendant que la jeune femme ramassait ses affaires sur le quai, mais quand elle boita vers les portes du hall, il se dépêcha de lui ouvrir puis de lui en tenir un battant. Lala poussa son cabas du genou devant elle, se mit de coté pour passer à son tour en traînant son sac derrière elle.
« Merci monsieur » dit-elle du ton renfrogné de la colère contenue presque dignement. Elle alla s’assoir sur le siège que Georges occupait l’instant d’avant, et plaça ses sacs devant elle comme une barricade. Elle prit sa cheville à deux mains pour la masser. Ce faisant elle scrutait ses affaires avec l’air d’y chercher quelque chose. Elle finit par relever la tète et voyant Georges debout devant elle :
« pardon monsieur, as-tu des kleenex ? s’il vous plaît. »
Elle parlait avec un accent liquide, roulant, et était légèrement plus grande que Georges, amaigrie, vêtue d’une chemise de bûcheron à carreaux bleu sur un débardeur fushia et d’un jean moulant, peu reluisant. Chez elle la vitalité dominait la féminité dont ses longs cheveux attachés en queue, blonds, abymés par l’exposition au soleil, étaient le seul indice évident.

Georges répondit en sortant de sa poche de blouson un paquet neuf de mouchoirs qu’il lui tendit en se penchant par dessus les sacs.
« merci » chantonna presque Lala, puis elle en sortit un du paquet, cracha dedans et essuya une légère écorchure qu’elle avait au dos de la main.
Georges observa que le passage du mouchoir éclaircissait sa peau et pensa à la remarque qu’aurait fait Maman : « le savon s’ennuie tout seul dans la baignoire ».

Lala s’était laissée aller en arrière contre le dossier et la jambe tendue devant elle, faisait tourner son pied. Une légère grimace lui échappa qu’elle transforma presque en un petit sourire amer en relevant un coin de sa bouche.
S’avisant que Georges la fixait, elle tendit les mouchoirs. Pour les récupérer Georges dut cette fois contourner la petite barrière des sacs. Après être resté là un moment à observer Lala qui fouillait maintenant dans ses affaires, il finit par s’assoir.
« Pourquoi tu me regarder, là ? Merci j’ai dit, rendu les mouchoirs, ça va, non ?! » gronda-t-elle alors qu’il la fixait. Georges fixait toujours tout, parce qu’il avait besoin de temps pour bien voir les choses.

Lala entreprit alors de fouiller son cabas, puis les poches de son sac de sport. Elle râlait toute seule dans une langue chantante que Georges ne connaissait pas, non qu’il en connut beaucoup par ailleurs. Cela finit par être comique, du moins aux yeux de Georges qui eût un soupir de rire.
Lala le regarda, le fixa à son tour, puis finit par hausser les épaules.
« Hoo, moi m’en foutre de toi ».

Elle abandonna ses recherches en faisant une moue désabusée. Elle prit une position nonchalante le dos bien appuyé sur le siège et les pieds posés sur ses sacs. Puis elle regarda lentement tout autour d’elle. Lorsqu’elle croisa à nouveau le regard de Georges il laissa éclater son sourire d’idiot.
« vous encore là ? » mais le ton n’était plus agressif, plutôt celui dont on accueille un chien quémandeur auquel on finit par s’habituer, avec une petite nuance de respect pour sa persévérance.

« Vous savoir, rien possible avec moi. » dit-elle avec son sourire en coin, et presque sans accent, en fronçant des sourcils puérils « je sais me défendre, moi dangereuse », puis ses traits tombèrent dans une moue terrible à voir, comme un orteil gelé et noirci.
Georges n’en eut pas l’air inquiet. Pour Lala, il avait l’air d’un bienheureux arpentant des chemins nouveaux, sans craindre un réel danger, dont il n’a pas idée qu’il existe, d’un innocent. Georges n’avait pas beaucoup d’expression de manière générale et son savoir-vivre avait la solidité de la persévérance imbécile. Mais, comme disait Maman, il était « idiot mais pas un con ».

« Dans la gare » 

1 – Georges 

2 – Lala et Suite

3 – Le barman et Fin

« En route » 

1 – L’affiche du cirque

2 – Les habits

3 – Les scoubidous

« A l’appartement » 

1 – Bain !

 2 – Repas

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