Daimyo

« Plus que les fleurs de cerisier,
Invitant un vent à les souffler,
Je me demande ce qu’il faut faire,
Avec le reste du printemps »

Naganori_Asano, l’auteur de ce court poème était un noble japonais de l’époque des Shoguns. Les Shoguns furent à la tête du pouvoir au Japon pendant plusieurs siècles, l’empereur étant plus ou moins confiné dans le mème type de rôle qu’on lui voit jouer à l’heure actuelle.

Naganori ASANO était un aristocrate d’épée, il posèdait un domaine, avait des charges à assumer un peu comme les aristocrates sous les

capétiens de la mème époque en France, Louis XIV et son frère décédé depuis peu.

Le destin d’Asano bascule quand on lui confie une mission extrèmement périlleuse – accueillir une délégation de la cour impériale en visite à la cour du Shogun.   Il régnait depuis l’age de 9 ans sur une maison de 200 àmes, sans compter les paysans.  Au moment où il devint un des personnages d’une des histoires les plus importantes de la culture japonaise, il en a 26. Il a déjà affronté une trés grave maladie et réchappé de la mort.

Cette mission est  un grand honneur, et, donc, une occasion de faire des erreurs déshonorantes.

Pour pouvoir assumer cette mission, qu’il partage avec un autre jeune noble il doit être formé par le maître de cérémonie du palais du Shogun.
Cet homme est un koke, d’une classe aristocratique inférieure, la noblesse de cour, il n’a pas de domaine, mais il possède un vrai poste à la cour, maître de cérémonie.
Les koke sont souvent issu de famille déclassée, dont le domaine a été confisqué par exemple.
L’inverse de ses élèves du jour. Jeunes nobles puissants par naissance, et, inexpérimentés. Qui ont encore tout à perdre.

Le Japon en ce début du 18ème siècle est une société en recomposition complète, à l’instar des sociétés européennes de la mème époque.
La mondialisation a commencé depuis que les navigateurs européens ont parcouru le globe. Les civilisations asiatiques se sont vues captées, prises à la tëte, par celles de l’Europe.
Pour éviter cela le Japon a eu une réaction de repli conservateur extrèmement violent. Les échanges avec l’extérieur de l’archipel ont été interdits, comme aux temps du rideau de fer en Europe, au 20eme siècle.
Le projet de l’élite étant de préparer le pays à résister face aux moeurs européennes, ne pas devenir la proie des conquistadores ou des missionnaires.

Le 20 avril 1701, Asano, a fini d’être lassé par le traitement qu’il subit de la part du maître de cérémonie, il a tiré sa dague et a tenté de tuer le maître de cérémonie.

Il a 26 ans, et doit faire sepuku, se donner la mort par éventration, hara kiri, livrant ainsi son domaine à l’opprobre et à l’arbitraire du Shogun.

Les samouraïs de sa maison seront à la rue, ainsi que tous ses serviteurs.  Leur situation est comparable à celle du personnel d’une entreprise en faillite.

S’ils suivent le code bushido ils devront commettre un crime. S’ils suivent la loi de leur temps ils devront renoncer aux métiers des armes et à leur honneur.  Ces hommes ont des familles, des enfants, la plupart vont se reconvertir dans d’autres métiers que les armes. Le commerce, l’enseignement, l’agriculture…les arts.

Une cohorte de 47 d’entre eux, fomentera un complot pour assouvir leur devoir, selon un plan qui durera 2 ans, de dissimulation et de feinte déchéance, de honte bue, de boue de la bauge.
« Les 47 ronins » est une des histoires favorites des japonais.

Asano, n’est pas un Samouraï, il appartient à l’élite, sa défaillance signifie sa mort, ou la triche, il n’est pas libre, sauf par l’esprit.    Il écrit ce poème, et la loyauté qu’il a inspiré à ses soudards criminels et menteurs l’a fait retentir encore 3 siècles plus tard.

« Plus que les fleurs de cerisier,
Invitant un vent à les souffler,
Je me demande ce qu’il faut faire,
Avec le reste du printemps. »
Histoire du Japon

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4 commentaires

  1. Le pinceau trace

    「風さそふ花よりもなほ我はまた春の名残をいかにとやせん」

    « kaze sasofu / hana yori mo naho / ware wa mata / haru no nagori o / ika ni toyasen. »

    « Plus que les fleurs de cerisier,
    Invitant un vent à les souffler,
    Je me demande ce qu’il faut faire,
    Avec le reste du printemps. »

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    1. N’est-ce pas. ? L’histoire des 47 ronins est très intéressante aussi, même si ce n’est pas vraiment ce qui a intéressé l’auteur

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