Levée de Belle poule

La levée de belle poule mène à Monplaisir. Enfin c’est l’impression que cette vieille carte peut donner.

Pour ma chienne Peggy ce n’est pas un vain mot, ni mème un vilain jeu de mot, car cette digue des bords de Loire nous sert de promenade.

Peggy est un fox terrier à poil dur. Un chien de chasse, utilisé pour la chasse au renard, entre autre.
A poil dur et tricolores : de larges taches noires ou beiges rompent la blancheur de son pelage rude.
Cette description est assez inexacte dans le cas de Peggy qui je le déplore est le plus souvent grisatre ou marronnatre, car elle se salit et moi qui la caresse j’affirme que son poil est doux.
On m’a dit que c’était un sous-poil, mais moi qui aime à chercher les profondeurs de sa surface, en enfouissant mes doigts lorsque par exmple je médite sur l’avenir de la planéte.
Je prétend donc que c’est sa douceur que j’aime ; d’ailleurs quand je la tonds, sa toison devient laineuse et blanche, et douce.
Elle est joueuse, agressive et son mordant trés puissant. Un chien dur au mal, robuste, compact. Une saleté. Mais affectueuse et fidèle, loyale.

Bon cette saleté de chien et moi nous baladions donc sur la levée de belle poule.
D’ordinaire je proite du relatif isolement de cette digue assez rectiligne pour la laisser vaguer à sa guise, tandis que je déambule en me demandant si Obama mérite d’ètre réélu, par exemple, parfois je ne songe qu’à résoudre une crise internationale.
Justement là je m’occupais de trouver le moyen de rétablir un semblant d’ordre en afrique de l’ouest, quand mes narines furent estomaquées.
Enfin, je fus estomaqué par ce que mes narines m’apportèrent comme puanteur atroce.

C’était peggy.
Elle tournait autour de moi telle une momie sous amphétamines et mal embaumée.
Ses jappements enthousiastes ne laissaient pas de me mettre dans une situation paradoxale, de celles où on serait tenté de partager la joie de l’autre tout en étant persuadé qu’il fait une grosse bétise.
Mais l’horreur olfactive ne me laissa pas longtemps dans l’expectative, elle se saisit de mon bas de pantalon et tira par ce truchement sur ma jambe, m’entraina vers sa merveille.

On pourrait s’étonner de ce que je ne résista pas à cet entrainement canin dont la perspective m’apparaissait comme fumeuse. On aurait raison.
Pour expliquer mon comportement il faut savoir que je portais ce jour un pantalon que j’affectionne particulièrement, et se souvenir que les fox terrier possèdent une machoire des plus perforantes.
Et puis elle avait l’air tellement contente.

D’ailleurs elle m’avait laché et me guidait en faisant des allers retours pour s’assurer que je suivais toujours. A chaque fois qu’elle se tournait vers moi ses aboiements me transmettaient sa conviction que vraiment là on allait vers quelque chose, mais alors là, un truc !
Sans me renseigner sur la nature de cet accomplissement existentiel auquel j’étais sensé atteindre en l’acompagnant. La faute en est à ma relative incompétence en aboiement. Et pourtant j’essaye, je m’entraine j’ai plusieurs témoins pour en attester.

Moi, déjà je tentais de me souvenir de l’endroit où était le shampoing et la tondeuse. Elle puait avec une violence considérable.

Au début je ne vis rien. Rien qu’une forme grisatre posée aplatie sur l’herbe un peu haute de la dique. Peggy ne se tenant plus se roula dedans avec des grognements de bonheur, les yeux mi-clos elle se vautrait sur son but.

Je ne pus voir son objet de plaisir que quand elle se releva en s’ébrouant dans un frisson qui la prit sur toute la longueur de sa colonne vertébrale, partant des reins qui se trémoussérent comme ceux d’une danseuse africaine et re montant son dos jusqu’à sa tête qui dodelina comme celle d’une femme en proie à un plaisir qui la mènerait au limite de l’inconscience.

Soit, j’en rajoute un peu, d’autant que mes images ne sont que des clichés empruntés à des films de fiction.

La charogne de poisson avait gardé une grande partie des ses écailles qui reflétaient le soleil en chatoyant de couleurs irisées de mauve , d’argent et de bleux pàles. C’était comme des cristaux de pierres précieuses qui ornaient ce squelette desséché à moitié découvert et cette tête dont les yeux secs et voilés étaient déformés, comme enfoncés.
Etrangement la charogne ne puait pas, froide qu’elle était sans doute.
La chienne en se frottant s’était enduite des restes pourri du poisson mort et par la chaleur de son corps réchauffait les composés organiques complexes dont les miasmes l’environnaient, formant une écharpe légère flottant derrière elle dans une vigueur si présente qu’elle en devenait presque visible. En effet les odeurs suivaient l’air qui les contenaient, elles n’irradient pas mais se dissolvaient, se diluaient. Ce qui faisait qu’une fois que Peggy était venue empoisonner l’air autour de moi l’odeur ne disparaissait pas. Et mème il me sembla qu’elle tendait plutot à imprégner mes vètements.
Peggy assagie dans son plaisir se frottait tendrement contre ma jambe dans l’intention regrettable à mon sens de partager son bien-ètre.

Là j’ai laissé Obama à ses électeurs, les enfants africains à leurs petits soucis, et j’ai ramené ma chienne à la maison.
La traversée du bourg avec ses terrasses ensoleillées et bondées fut de ses moments où la solitude pèse sur les épaules du maitre trop complaisant.

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11 commentaires

    1. Oui sûrement une maniere de se camoufler olfactivement…dans les bois en ville c’est autre chose. :)
      L’auteur appréciera. Je n’ai fait que le re-publier. Bon week end

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  1. Un vrai fox ! Cette Peggy elle ressemble davantage au mâle que j ai eu dans les années 80 Côté couleur et poils frisès il aimait aussi se rouler mais c est leur instinct de chasseur.je les aime pour leurs qualités : joueur ,intelligence ,fidélité ,robuste , bon samedi

    Aimé par 1 personne

    1. C’est marrant ça . L’auteur qui veut rester anonyme me confiait que le chien qui avait inspiré cette fiction était un male que sa famille a perdu dans le début des années 80. C’est peut être le même ! J’crois que c’était vers Angers.

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  2. Dommage pour les petits commentaires l(a)minaires que Suzanne dit ne pas vouloir perpétuer, eux aussi étaient littérature!!!

    WIKIPEDIA: La littérature se définit en effet comme un aspect particulier de la communication verbale — orale ou écrite — qui met en jeu une exploitation des ressources de la langue pour multiplier les effets sur le destinataire.

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  3. « La traversée du bourg avec ses terrasses ensoleillées et bondées fut de ses moments où la solitude pèse sur les épaules du maitre trop complaisant. »

    Ho hé, hé oh, c’est quoi cette propension à se plaindre là comme ça tout le temps?
    Enfin c’est vrai quoi,
    -Tu es allé sur un lieu au nom plus que charmeur, provocateur?,en tout cas qui, et on le comprend si tu n’as que ça à faire que promener ton chien seul le dimanche, un endroit qui te laisse rêveur,
    -tu as accompli ta balade cardio de la semaine et ce soir tu n’auras pas de scrupules à te resservir un troisième pastis tout en mâchonnant tes rondelles de saucisson sur le canapé et en récapitulant difficilement sur les doigts d’une seule main combien t’as mangé de fruits et légumes durant la semaine,
    -tu t’es senti « citoyen du monde », tu as réussi à laisser de coté les soucis que te cause ton cadet et t’as redessiné le monde,
    -tu as enfin compris que l’expression « les doigts dans le nez » n’est pas la seule raison pour laquelle tu en as un au milieu de la figure, https://differencepropre.files.wordpress.com/2014/03/ca-pue.jpg
    -tu…

    Oh puis zut, si, continue tes balades, emmènes-y ou pas Peggy, chiales-en après coup si ça te fait du bien… du moment que tu continues à nous raconter tout ça!!!
    T’as des petites phrases de grande littérature!

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    1. Bien madame. Juste une ou deux.remarques. :
      Je ne fais qu’exhumer de vieux textes d’un auteur aujourd’hui disparu. Dufondelamine c’est des textes de pwezidol. J’ai pas perpétué mes petits commentaires liminaires, pask’on s’en est moqué.
      Je trouve que ce.que tu dis est plutôt bien vu s’agissant du personnage tel qu’on peut.le percevoir. Sauf ‘grande littérature ‘ qui est un brin exagéré selon moi.

      Ce texte a été publié sur/par pwezidol a l’été 2011.

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      1. OK madame, j’ai bien entendu que ma demande auprès de feu pwezidol ne sera pas honorée.Si en plus d’un nez il a eu des oreilles, j’espère simplement qu’il aura d’où il est, entendu mon enthousiasme pour cette levée. (des corps?)

        OK madame, que s’il ne s’agit que POUR MOI de « grande littérature », hé bien, je m’en trouve flattée. Et un brin si tu veux, le printemps étant déjà là tout en sève!…

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