Le Bar du port

Le Bar du port

 

J’entrais dans ce petit bar.

Et je dis « Chalut » à la volée..

Il y avait là une vieille morue et son maquereau

Le maquereau avait un costard rose-saumon

et une raie au milieu.

La morue était grosse comme une baleine,

bien dessalée, elle travaillait pour son barbeau.

C’était louche, y avait anguille sous roche…

 

Et je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Surtout que le coiffeur d’à coté

Pédé comme un phoque

En bon merlan pérorait

Assis à coté d’une ancienne poissonnière

Moche comme un thon

Et qu’avait des verrues aux hanches (ouah!)

 

Je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Dans un coin, y avait un gars

Muet comme une carpe

Mais qui baillait comme une huître.

C’était parait-il un poète

Amoureux d’une p’ tite roussette

Qui l’avait plaqué pour un requin

d’ la finance…

 

Je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Soudain, trois loubards

Entrèrent pour chercher la bagarre

Mais vif comme une anguille

Et veillant au grain

Le patron leur mit une pèche

Pas d’ quartier !

Ils filèrent aussitôt en crabe

En mettant le turbo

A bord de leur vieux tacot

Ce n’était que du menu-fretin

De petits aigrefins…

 

Je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Au comptoir, je m’assois

à coté d’une p’ tite ablette

Elle frétille sur sa chaise.

J’ lui mettrai bien l’ grappin dessus…

Pour lui tendre la perche, je lui dis:

« Vous marinez chez vos harengs ? »

Mais elle me dit : « Vous n’étiez pas né

que je connaissais cette vanne! »

Elle était vive et mignonne cette petite

Fraîche comme un gardon

Mais plate comme une limande.

 

Et je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance !

 

La radio diffusait une chanson de Frehel

Mais y avait d’ la friture sur les ondes

Qu’est-ce que j’ faisais dans cette galère  ?

J’étais venu juste prendre un verre

pas pécher en eaux troubles.

Mais ces âmes sont noires, on dirait…

Il serait temps de filer…

Ce n’était pas le lieu pour se détendre

Je sortis mon oseille pour payer

Mais j’avais plus un rond

(Faut dire que j’ai des oursins dans les poches…)

 

Je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Et c’est alors que dehors, on entendit la Marseillaise, l’hymne à Rouget de l’Isle. J ‘avais oublié qu’ on était le quatorze juillet…

J’en profitais pour m’éclipser, je quittais tous ces piliers de bar avec leur gueule de raie…

Dehors, des jeunes jouaient à colin-maillard, heureux comme des poissons dans l’eau.

Il y avait foule, on était serrés comme des sardines

 

Alors je m’ suis dit : « Va y avoir d’ l’ambiance ! »

 

Allez, ça suffit, c’est assez !

Ps : oui je sais, cette histoire pèche beaucoup, elle est sans queue ni têtes, mais là je sèche…

 

 

 

 

 

 

 

 

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