Difference Propre et Singularités

MA PRINCESSE canaille F3

Le petit mot de Suzanne : de ma mine archéologique « pwezidol ». Pour naviguer dans l’histoire vous pouvez cliquer sur les titres, au fur et à mesure de leurs publications…

série-F3
1 – ça va ?  (530 mots)
2 – ça se fait entre amies (500 mots)
3 – ma princesse canaille (800 mots)
4 – bois dans ma bouche (730 mots)

Je serai joyeuse en faisant à manger, on boira une bière ou si vraiment elle n’aime pas ça, ce qu’elle voudra.

On fêtera ça.
Je serai joyeuse et un peu inquiète, un peu fébrile, un peu vulnérable mais je ferai ma courageuse.
« il faut que je lui plaise, que je sois marrante, elle a besoin de gaité » que je me serai dit.

Je casserai les oeufs dans mon grand bol, elle m’aidera à repêcher un morceau de coquille beige avec le bout de ses doigts fins. Je les battrai pour qu’ils soient bien mousseux, je salerai, je poivrerai, je mettrai une grande cuillerée de crème. Et je rebattrai.
Pendant tout ce temps elle me dira des trucs marrants.
Des mecs qui lui coureront après, des mecs qui lui auront plu, des mecs qui lui en auront fait baver.
Elle me charriera sur les mecs, me demandera si … et moi je serai butée un peu, renfrognée.
Je nettoierai la salade feuille à feuille, délicatement j’en enlèverai les parties abimées.
Je les laverai, les sécherai dans un torchon en pressant doucement.
Ça se verra que je tremblerai, là.

Pour l’assaisonnement je dirai :
« moi je ne met que du vinaigre balsamique. J’en ai de l’italien, du très bon, tu verras. ». En lui tournant le dos, devant mon évier blanc, en attrapant le vinaigre dans le placard haut de ma cuisine, en tendant la main pour prendre le vinaigre balsamique italien, très bon, en le posant sur le plan de travail, aussi il y aura des choses à ranger, à mettre dans l’évier, que je commencerai à laver. Je serai toujours tournée, je regarderai les choses, la tête je la baisserai vers les choses. Je lui tournerai le dos et je ne parlerai pas.

Elle s’arrêtera de parler, d’abord par des silences entre les phrases, puis tout à fait.

Alors si tout va bien, si elle est comme je la crois,
elle viendra m’enlacer par derrière, sur mon dos elle appuiera sa tète, ses mains posées sur mon ventre.
Et moi je fondrai à l’intérieur.
Elle décidera, moi je ne pourrai pas. Il faudra qu’elle me prenne dans ses bras, qu’elle m’y serre.
Comme ça, ça sera mieux. Plus clair.
Elle me fera tourner, en me tirant par l’épaule, moi, mon corps lourd et fort, ma masse de chair tremblante et d’os glacés.
et là elle prendra ma tête à deux mains et me déposera un baiser sur le front, sur le nez et sur la bouche, puis ma tête elle l’attirera sur son épaule, me blottira contre sa poitrine, ma tête à plat sur son épaule avec sa main posée dessus, elle me penchera si je suis trop grande.
Elle le fera un peu comme une petite fille avec une poupée, ou comme si ma petite soeur devait me consoler.

Elle respirera lentement, exprès, elle me passera ses lentes mains calmes de fille dans le dos, sur la tête et dans le cou.
Moi je sentirai son odeur, l’odeur de ses vêtements, la laine mouillée d’avant, et puis j’aimerai l’odeur étrangère de sa transpiration, et aussi son parfum de la journée, ce qu’il en restera.
J’entendrai son coeur. Son souffle me soulèvera, et son haleine me caressera.
Et puis la chaleur de partout où on se touchera.
Et autre chose, un « toucher » indéfinissable, un enveloppement doux et imperceptible sauf par le bien-être, une vibration intime, pas de l’une ou de l’autre, mais de Nous.
Et tout ça je l’aurai pour la vie entière.

On fera un vrai baiser des mains à plat qui glissent sur l’autre, de la langue qui se roule autour de l’autre, de son souffle dans ma bouche et contre ma poitrine, de sa salive qui se mêle à la mienne. De son corps pressé sur le mien.
Un baiser profond, liquide, une plongée en apnée qui touchera au fond.
Nos mains se trouveront, nos doigts se mêleront,
alors les bras tendus le long du corps, de chaque coté, je serrerai, elle serrera…
nos bouches se lâcheront pour qu’on se prenne du regard droit jusqu’à ce qu’on sourit, comme deux idiotes.

Et puis elle se reprendra,
« j’ai faim !!! » qu’elle dira, avec un grand sourire, en relevant la tête, en redressant la taille.
Elle tournera la tête pour regarder le repas sur la cuisinière, et sur le plan de travail, et se tournera pour voir si la table est mise, et ce qu’il y manquera.

Après manger, ma chambre suffira, ce sera plus simple qu’avec le canapé.
Du coup ce sera pour rien qu’on aura parlé de tout ça. Et on sourira, ou on rira par petites goulées.
« hahaha » sur des silences, sur des fins de phrase.

Je serai soulagée, ses yeux me dévisageront, me scruteront et ça me dira
« oui je crois que je le savais » sans qu’elle en soit trop sure.
On dormira ensemble pour avoir chaud, parce qu’elle ne voudra pas être toute seule, parce que moi,
« ho non, je ne crois pas que ça te dérangera » , qu’elle dira avec un sourire en coin.
Ce sera comme elle voudra.
Mais on aura chaud, même sans pyjama, même sans couette.
Moi et ma princesse canaille.

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À propos de chachashire

Un commentaire sur “MA PRINCESSE canaille F3

  1. toutoutoutine
    2 février 2014

    Magnifique texte

    J'aime

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