CA SE FAIT entre amies F2

Le petit mot de Suzanne : de ma mine archéologique « pwezidol ». Pour naviguer dans l’histoire vous pouvez cliquer sur les titres, au fur et à mesure de leurs publications…

série-F2
1 – ça va ? (530 mots)
2 – ça se fait entre amies (500 mots)
3 – ma princesse canaille (800 mots)

Elle m’appellera.
Pour ne plus être seule, ou pour ne pas être à la rue.
Elle ne demandera pas. Elle sera gênée.
Elle me racontera une histoire embrouillée dont les liens me seront connus.
J’entendrai ses phrases comme des vagues dans mon petit coquillage de plastique.
Je jouerai avec comme on fait sur la plage en hiver, en pariant sur la longueur de la phrase pour la souligner sans la couper, pour laisser passer ce discours qui sera une marée sur une plage, lavant les papiers gras et les crottes cyniques, déposant des bois flottés.

A un moment donné je la ferai rire, parce que je sais faire des ricochets sur la mer en visant entre les vagues, entre certaines vagues alanguies.
Ce ne sera rien qu’un caillou dans l’immense océan, rien que ça, un petit cliché, mais il volera, un peu, avant d’être repris par sa gravité, le fond.

« c’est drôle » dira-t-elle sans rire d’abord, puis lui apparaîtra, l’absurdité, la liberté infini des cailloux qui volent un instant sur les flots,
« merci de m’avoir lancé. », avant de sombrer dans les vagues

Là elle voudra encore se soulager dans mon oreille.
« Tu m’embêtes » je lui dirai, ou
« t’es nulle un peu » pour qu’elle fasse attention à moi,
A Nous.

Bien sur que je lui dirai de venir, que je n’attende que ça surtout je ne le lui dirai pas.

Quand elle arrivera, nous parlerons avec mesure, d’un ton neutre, je serai juste un peu empruntée d’avoir quelqu’un chez moi.
J’espèrerai qu’elle aimera chez moi.

On s’organisera, d’abord pour être chacune chez soi, « pour le temps qu’il faudra » parce qu’elle aura besoin d’être bien « tant que ça durera ».
Je lui ferai visiter ma maison, lui montrerai les pièces où se laver, où dormir, ou faire à manger.

Puis dans un couloir mal éclairé et étroit, celui du haut à cause du bahut qui est là, elle sera tout prés, on se frôlera. Et puis en bas des escaliers elle trébuchera et c’est sur mon épaule qu’elle se rattrapera. Et je me retournerai.
Et sa main sur mon épaule ne me lâchera pas. Elle continuera son mouvement et sa descente finira contre moi. Nos poitrines se toucheront, s’écraseront, et son bras se pliera et je sentirai toute la longueur de son avant-bras s’appuyer sur moi.
Je la recevrai dans mes bras ouverts à mi-corps. Et son autre bras atterrira naturellement sur mon autre épaule, ou mon cou, je refermerai mes bras autour d’elle. Et elle pourra se laisser aller contre ma force, elle fatiguée, abîmée.

Je crois que ce sera là que je l’embrasserai. Je commencerai par ses cheveux, puis son front, puis sa joue.
Soudain elle se redressera et me regardera étonnée, je ferai mon étonnée aussi.

Et je l’embrasserai doucement sur les lèvres, ses lèvres un peu sèches.
Mais il faudra qu’on arrête, vite.
On reparlera un peu, presque naturellement, en négligeant ce fait,
« ha oui un baiser, c’est rien, ça se fait entre amies »

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