Ind1 : DESTIN DE COLON (feuilleton exquis n°2) fini

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LE DRAPEAU DES HERMAPHRODITES:

La communauté

Ind1 fuit dans la nuit

3  Id3

4 Div2 peint

 

Ind1 fuit dans la nuit.

(texte fini)

La soumission de ses semblables, Ô combien semblables, aux idées d’Idu4,  le fait même que quelqu’un les ait émises parmi ceux qui avaient constitué la communauté, l’a révulsé.  L’idée de la reconstitution pure et simple de la communauté telle qu’elle avait été ne lui semble plus possible.  Il n’y trouverait plus sa place lui semble-t-il.  Enfin il ne sait pas.  Pas tout de suite en tout cas.

Alors il fuit, Idu4 et sa masse odieuse, ses congénères qui se soumettront au moins un temps, forcément trop long, et ses propres doutes, l’image brisée de la communauté, éparpillée par la catastrophe.

Et puis il veut savoir, quêter, secourir peut-être, il suit donc la trace du météore en espérant retrouver d’autres hermaphrodites, les rejoindre, et qui sait retrouver avec eux un peu de la communauté de naguère, d’avant …

Il se sent comme un Saint Bernard partant au secours de pauvres hères en détresse. Lucide, il s’avoue cependant que le premier à désirer secourir est lui-même.
Mais il ne sent pas l’âme d’un Robinson et il sait qu’il a besoin de sa communauté pour se reconstruire. Pourtant, comme le personnage échoué dans la solitude de son île, il porte des interrogations sur le sens de l’humanité et de la conscience de soi.
Cette météorite incendiaire est une aubaine en réalité; jamais il n’aurait eu l’audace sans elle de se regarder et remettre ainsi en question sa vie et ses croyances!
Aussi, décide-t-il de ne pas prendre la fuite mais bien au contraire d’avancer.
Il rampait maintenant avec plus d’assurance, une légère ivresse le grisant…

Ind1 rampe longtemps, longtemps à travers les décombres de ce qui avait été une plaine d’abondance pour lui et ses semblables. Rien de ce qu’il peut voir dans cette tranchée calcinée ne lui donne l’impression d’être vivant, ce n’est que roches à nu.
Il ne commence à trouver des vestiges de vie qu’à la fin de sa journée de déambulation difficile, dans ce paysage chaotique. D’abord des débris végétaux déchiquetés, puis des restes d’habitation hermaphrodites, ou de coquilles de gastéropodes, de mollusques.
 Enfin une trace hermaphrodite, mais quelle trace ! Un membre coupé, racorni, à moitié calciné. Il en reconnait les marques d’un de ses partenaires sexuels de la saison dernière. Il n’en garde pas un souvenir très affectueux, mais son cœur en est figé.
. . .

CHAos1le chaos
Il ne veut pas s’arrêter sur cet aspect de sa vie passée, sur sa sexualité qu’il qualifiait glorieusement d’utilitaire parce que jamais il ne se serait autorisé à accepter tout sentiment d’attachement.
 Ses reptations sont plus lentes maintenant, lenteur de fatigue que les ombres du crépuscule ne font qu’amplifier. Il n’arrête pas pourtant malgré la douleur physique car il est sûr désormais qu’au bout de ce tunnel, il est à même de trouver les lumières d’une aube nouvelle.
D’ailleurs, il lui semble percevoir non loin de lui un chant, chant léger et joyeux qui le ragaillardit; il prend alors son pied à son cou, son pied qui se trouve soudain inondé d’un mucus et le propulse dans une onde de plaisir.

Bon an mal an, clopinant, rampant, il arrive face à un spectacle qui lui coupe le peu de souffle qui lui reste: ce sont d’abord des odeurs, poivrées et sucrées, des couleurs, vertes et rosées, un air, humide et tiède, et ces airs mélodieux qui l’ont attiré jusque là!
Sur ce tableau, des silhouettes longues et baveuses, filiformes, écumantes, avec lascivité se prélassent sans que son arrivée ne les perturbe.

Les infames Maduro Colorada soules de bières, n’arrivaient mème pas à se maintenir les unes à cotés des autres. Elles se recroquevillaient comme des bourgeons à l’envers, révulsant le temps, comme les feuilles malades, puis tentant d’échapper à la lumière de la lune s’étiraient de toutes leurs forces débiles sans parvenir à accrocher durablement une aspérité stable sur ce sol ameubli par le cataclysme.
Ind1 méprisaient ces étrangères. Parvenues, elles s’étaient développées aux dépens des communautés voisines, ne parlaient pas le mème langage et surtout avaient des moeurs d’une vulgarité repoussante. Néanmoins il ne put s’empècher d’admirer la jouissance de ces animaux, qu’en dire de plus, leur capacité à s’ébaudir dans le plaisir sans réel souci du lendemain, ou des dangers.
 Pour atténuer sa sensation de solitude, rendre supportable son malheur, un peu aussi pour se rassurer, illusoirement il s’en rendait compte, il se blottit sous une petite motte, non loin des Maduro Colorada. Une bonne période de sommeil lui permettrait d’y voir plus clair demain.

A son réveil, comme débarbouillé par la rosée matinale, il se sent neuf et léger. Tout le poids de l’accablement qu’il portait en lui semble lavé, nettoyé par les petites perles d’eau.
Le regard qu’il a toujours posé sur lui, animal rampant, fragile, lent, écrasé sous sa coquille ne lui convient plus, pas plus que la vision d’un monde hostile et laid ou la perception des autres qui n’auraient que noirs desseins.
Il repense au spectacle des Maduro Colorada…
Oui.. Non…
Et il se met en route gaillardement traversant plaines et bois calcinés vers la patrie maritime des Bidolo Cornoratu.

jerohano

schmoufette

lazarille

toutoutoutine

 

//

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13 commentaires

    1. Non pas du tout. AU départ, c’est un jeu que nous avons pratiqué sur papier, selon les règles. Mais depuis que c’est sur le site il n’y a aucune concertation. C’est ce qui explique d’ailleurs que ça ait mis autant de temps à finir.

      Je t’invite à participer au prochain épisode, c’est beaucoup moins difficile qu’il n’y parait avant de se lancer. Et puis je suis en train de mettre au point des règles du jeu pour qu’il soit plus facile d’y participer. car au début je me disais chacun fait ce qui lui plait, mais ça n’est pas si engageant que je croyais.
      pffff pffff pffff je reprends mon soufle.

      merci du passage. en tout cas.

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  1. A son réveil, comme débarbouillé par la rosée matinale, il se sent neuf et léger. Tout le poids de l’accablement qu’il portait en lui semble lavé, nettoyé par les petites perles d’eau.
    Le regard qu’il a toujours posé sur lui, animal rampant, fragile, lent, écrasé sous sa coquille ne lui convient plus, pas plus que la vision d’un monde hostile et laid ou la perception des autres qui n’auraient que noirs desseins.
    Il repense au spectacle des Maduro Colorada…
    Oui.. Non…
    Et il se met en route gaillardement traversant plaines et bois calcinés vers la patrie maritime des Bidolo Cornoratu.

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      1. Ca l’est pas la suite, ça l’est un dessin et découpage
        (que le scan a mal fait son boulot de scan et l’a mal scanné).
        Mais, mais mais, je suis bien pressée de lire ce qui va arriver à Ind1!!!

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  2. Bon an mal an, clopinant rampant, il arrive face à un spectacle qui lui coupe le peu de souffle qui lui reste: ce sont d’abord des odeurs, poivrées et sucrées, des couleurs, vertes et rosées, un air, humide et tiède, et ces airs mélodieux qui l’ont attiré jusque là!
    Sur ce tableau, des silhouettes longues et baveuses, filiformes, écumantes, avec lascivité se prélassent sans que son arrivée ne perturbe.
    . . .

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    1. Les infames Maduro Colorada soules de bières, n’arrivaient mème pas à se maintenir les unes à cotés des autres. Elles se recroquevillaient comme des bourgeons à l’envers, révulsant le temps, comme les feuilles malades, puis tentant d’échapper à la lumière de la lune s’étiraient de toutes leurs forces débiles sans parvenir à accrocher durablement une aspérité stable sur ce sol ameubli par le cataclysme.
      Ind1 méprisaient ces étrangères. Parvenues, elles s’étaient développées aux dépens des communautés voisines, ne parlaient pas le mème langage et surtout avaient des moeurs d’une vulgarité repoussante. Néanmoins il ne put s’empècher d’admirer la jouissance de ces animaux, qu’en dire de plus, leur capacité à s’ébaudir dans le plaisir sans réel souci du lendemain, ou des dangers.
      Pour atténuer sa sensation de solitude, rendre supportable son malheur, un peu aussi pour se rassurer, illusoirement il s’en rendait compte, il se blottit sous une petite motte, non loin des Maduro Colorada. Une bonne période de sommeil lui permettrait d’y voir plus clair demain.

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  3. Il ne veut pas s’arrêter sur cet aspect de sa vie passée, sur sa sexualité qu’il qualifiait glorieusement d’utilitaire parce que jamais il ne se serait autorisé à accepter tout sentiment d’attachement.
    Ses reptations sont plus lentes maintenant, lenteur de fatigue que les ombres du crépuscule ne font qu’amplifier. Il n’arrête pas pourtant malgré la douleur physique car il est sûr désormais qu’au bout de ce tunnel il est à même de trouver les lumières d’une aube nouvelle.
    D’ailleurs, il lui semble percevoir non loin de lui un chant, chant léger et joyeux qui le ragaillardit; il prend alors son pied à son cou, son pied qui se trouve soudain inondé d’un mucus et le propulse dans une onde de plaisir.
    . . .

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  4. Ind1 rampe longtemps, longtemps à travers les décombres de ce qui avait été une plaine d’abondance pour lui et ses semblables. Rien de ce qu’il peut voir dans cette tranchée calcinée ne lui donne l’impression d’être vivant, ce n’est que roches à nu.
    Il ne commence à trouver des vestiges de vie qu’à la fin de sa journée de déambulation difficile, dans ce paysage chaotique. D’abord des débris végétaux déchiquetés, puis des restes d’habitation hermaphrodites, ou de coquilles de gastéropodes, de mollusques.
    Enfin une trace hermaphrodite, mais quelle trace ! Un membre coupé, racorni, à moitié calciné. Il en reconnut les marques d’un de ses partenaires sexuels de la saison dernière. Il n’en garde pas un souvenir très affectueux, mais son cœur en est figé.
    . . .

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  5. Il se sent comme un Saint Bernard partant au secours de pauvres hères en détresse. Lucide, il s’avoue cependant que le premier à désirer secourir est lui-même.
    Mais il ne sent pas l’âme d’un Robinson et il sait qu’il a besoin de sa communauté pour se reconstruire. Pourtant, comme le personnage échoué dans la solitude de son île, il porte des interrogations sur le sens de l’humanité et de la conscience de soi.
    Cette météorite incendiaire est une aubaine en réalité; jamais il n’aurait eu l’audace sans elle de se regarder et remettre ainsi en question sa vie et ses croyances!
    Aussi, décide-t-il de ne pas prendre la fuite mais bien au contraire d’avancer.
    Il rampait maintenant avec plus d’assurance, une légère ivresse le grisant…

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