DESOLETTE A CETISSI

C’ est la totale désolette au village de Cétissi.
Les hommes, les femmes, les enfants et les bêtes ont grignotté-boulotté tout ce que la terre voulait offrir à grignoter-boulotter :
les fleurs, les plantes, les arbres, les racines, les racines, les arbres,les plantes ainsi que les fleurs. Tout, tout, tuot !


Le gosse du village a son oreille musicale cassée à la force d’ entendre le concert borborygmien qui sans fin filamente dans le vent.
Comme il a nui et qu’il s’enfint, il s’enfuit, les joues à sa cambe.
Vite vite vite, faut qu’il fuite…


Hé non, il freine des quatre fers, s’arrête et décrète : « Je vais inventer la mer ».
Parce qu’il est comme ça le gosse.


Et il invente la mer.
Au début, il la fait jaune. Mais ça lui fait mal aux deux yeux.
Alors il invente le rouge. Mais il voit trop rouge.
Alors il invente le bleu et ainsi c’est bien mieux !
Oui, la mer qui bleuit s’ennuie, elle le lui dit.


Et il invente les poissons.
Au début, ils sont petits. Il les voit pas trop avec ses petits yeux.
Alors il invente des gros, des gros gros, des moyens gros,
des petits gros,des moyens, des gros moyens, des petits moyens
et même des moyens moyens.


Ah, dans la mer qu’est bleue les poissons sont trop nombreux!


Et il invente les pécheurs.
Au début, ils ont tous une casquette, des bottes et une salopette;
Il les reconnaît plus des yeux.
Alors il invente des qu’ont une pipe, des qu’ont du bide,
des qu’ont une barbe, des qu’ont tout ça, des qu’ont pas tout ça,
des qu’ont tout ça moins un truc ou tout ça moins deux trucs.


Et là, ça fait un tas de pécheurs pour pécher un tas de poissons
et la mer, elle est contente elle s’ennuie plus et elle le montre.
Il la voit bien comment elle s’avance recule ondule clapote
comment elle est la menthe bleue à eux.


L’histoire pourrait s’arrêter là et ça serait bien mais elle peut pas
parce qu’elle est une histoire et que c’est mieux quand on est histoire
de revenir à la situation du départ, le départ du gosse.
Alors, il dit qu’il va revenir dans son village de Cétissi qu’est bien loin
et il prend la mer les poissons les pécheurs sous son bras,
d’abord le gauche il changera plus tard, et il fait le chemin du retour,
il arrive à la situation du départ il pose tout devant lui, comme ça,
parce qu’il est bien las, il n’est qu’un gosse le gosse!


Ça y est , l’histoire est finie, on est à Cétissi.

Sauf que à Cétissi rien n’est fini, et, un jour sur deux, on fait la fête,
la fête au gosse.


Et si on la fait qu’un jour sur deux, c’est qu’on passe l’autre à manger
les petits les moyens et les gros poissons qu’ont péchés les pécheurs
qu’ont une casquette, des bottes, une salopette,
et les autres qu’ont du bide, qu’ont …

 . . .

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6 commentaires

  1. Belle musicalité !

    ma contribution (empruntée à Pierre de Marbeuf) :

    Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
    Et la mer est amère, et l’amour est amer,
    L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer,
    Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

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